Je reprends ici un article de mon précédent blog, publié le 2 décembre 2013, au lendemain de la grande manifestation Front de Gauche - Mélenchon du 1er décembre, contre l'austérité.

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Depuis quelques années, vous l'avez remarqué, il est de règle que chaque manifestant, ou presque, arbore son drapeau sur l'épaule, en marque individuelle d'identité politique ou syndicale, voire sociétale... 

Le marqueur peut d'ailleurs être craignos, ainsi, (après que le Lider maximo ait annoncé la Révolution en levant le poing en vrai prolo des années 1930), les drapeaux rouges et verts du Parti de Gauche quittant ostensiblement le meeting FdG devant Bercy, lors du discours du représentant du Parti communiste.

Ces derniers temps, justement, on a cru déceler du côté du Parti de Gauche, et quelque peu du côté de l'Humanité, une sorte d'horripilation devant la marée de drapeaux bretons accompagnant les manifs des Bonnets Rouges... Du poujadisme ne passait-on pas à l'autonomisme, voire au séparatisme fascistoïde ? Que du Blanc et Noir et pas la moindre Bleu Blanc Rouge, voilà qui avait de quoi inquiéter nos auto-proclamés Jacobins...

Mais que voyons nous ensuite ? Une marée de drapeaux rouges - verts ou de drapeaux rouges sur le Boulevard de l'Hôpital et devant Bercy ! J'ai eu beau chercher sur les photos et les reportages télé, je n'ai vu qu'un citoyen qui brandissait une cocarde tricolore estampillée PCF, accompagnée d'un "fier de payer l'impôt quand il est juste", et, question drapeau, j'ai vu en tout et pour tout UN drapeau français, et... un drapeau breton...

On s'étonnera après que, puisque le Bleu Blanc Rouge fleurit sur les cortèges du FN, l'opinion finisse par penser que les seuls et vrais patriotes, que les vrais défenseurs de la Nation sont les disciples de Marine. 

Mais qu'importe, le Lider Maximo a considéré que la manifestation, dont il avait pris l'initiative tout seul comme un Grand, marquait le retour du Rouge sur la capitale.

Dieu (?) sait que j'aime le Rouge, et que j'en voudrai éternellement à Lamartine pour son discours de février 1848 devant les ouvriers parisiens brandissant le drapeau rouge. Mais il s'agissait bien alors d'ouvriers, ceux là même que la bourgeoisie républicaine fera massacrer en masse lors du beau mois de Juin. Dieu sait que j'aime le rouge, mais ça me fait mal au cœur de le voir proclamer ainsi par un ancien ministre d'un très rose gouvernement, toujours admirateur de François Mitterand ! Comme disait le vieux Karl, quand l'Histoire se répète, la tragédie se répète alors en farce...

Désolé pour les copains et les amis qui vont me traiter de traitre ou me taxer de cécité ("Ne vois tu pas que JLM parle juste, et dit haut et fort ce que personne ne peut dire mieux que lui !"), mais il me semble que le verbiage révolutionnaire (qui fait toujours plaisir à entendre chez les convaincus, j'en suis), que la posture révolutionnaire, sont complètement plaquées sur une société prête à l'implosion certes, voire à l'explosion, mais pour l'heure sans la moindre perspective vraiment révolutionnaire, c'est à dire sans la moindre perspective de renversement (je ne dis pas dépassement) du système capitaliste : chacun y réclame sa part de gâteau, et s'enflamme quand il en est frustré, mais c'est toujours dans le cadre de ce système jugé (à tort) indépassable que s'inscrit la révolte, fût-elle enrobée de rouge... 

Et soyons sûrs que le jour où cette révolte se conscientisera en révolution, les tenants de l'Ordre ne se contenteront pas d'ironiser comme ils l'ont fait ce matin sur le cortège du Front de Gauche... Les Versaillais ont de la descendance, fût-elle masquée de rose.