À peine publié l’article « Un message du Québec », où je disais mon respect des accents, de tous les accents,
[http://merlerene.canalblog.com/archives/2014/10/03/30691953.html]
je recevais de Robert Pollard le commentaire suivant :

« René, comme je ne suis pas sûr que tu souhaiterais voir paraître cette éructation — qui comme toutes les colères “qu’elles me montent à la tête” dépasse ma pensée! — dans le courrier, je te la fais parvenir directement. Mais tu peux la publier si le cœur t'en dit…
Amitiés
Robert

A propos d’accents.

Tous les accents ne sont pas recevables. Accents comme accidents de l’histoire. Accidents de la pensée. Celui dont je fus affublé très longtemps après mon enfance à Bab-el-oued — quartier populaire d’Alger — celui dont on dit qu’il est  “pied-noir“, me répugne. Il traîne derrière lui les lambeaux de civilisations déchirées, piétinées, méprisées mais que rien n’aura jamais remplacées. La “culture pied-noire“ est une foutaise. C’est ce que l’accent trimbale avec lui. Témoin d’une empreinte que récuse le petit blanc, qu’il vomit, mais qui le marque à jamais dans sa pensée léthargique.
L’arabe qui parlait français avait un accent. Celui des étrangers qui prêtent à la langue cette force étrange, ces cadences et ces sonorités réjouissantes — je me suis régalé au Québec où il arrivait même qu’on y parle comme en Berry ou en Bourgogne —, ou les accents de nos provinces, de notre histoire, rudes, ondoyants ou chatoyants pour n’évoquer ici que la forme…
L’accent “pied-noir“ est celui du regret et du mépris. Il se planque et ressort triomphant à “l’insu de mon libre arbitre“ quand rien que la colère elle me prend et que le cimetière de Bône, l’envie de mourir il te donne ! Voilà, un accent qui fait rire des cimetières, son seul attrait éventuellement.
Robert »

 

cf. le long commentaire ajouté par R.P à l'article "À propos d'accents" : 
http://merlerene.canalblog.com/archives/2014/10/04/30700277.html