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Ettore Scola [1931], homme de gauche et compagnon de route du PCI tant que celui-ci demeurera fidèle à ses idéaux, Scola, immense créateur, qui a toujours considéré que focaliser sur l'intime est une ouverture sur le monde.

Revisiter Scola est un retour plus que bienvenu sur la carrière de l’un des maîtres de la comédie dite à l'italienne, et, par ricochet, sur la création cinématographique italienne de ces trente années qui, entre 1950 et 1980, et encore au-delà, virent naître tant de chefs d'œuvre, entre 1950 et 1980.

S'il me fallait faire un unique choix dans cette production foisonnante, et particulièrement dans celle de Scola, choix difficile s'il en est, en définitive je choisirais Une journée particulière : la rencontre improbable d'une ménagère accablée et d'un homosexuel à la veille d'être arrêté, dans leur immeuble vidé d'habitants à l'occasion de la rencontre Hitler - Mussolini le 8 mai 1938, jour de la signature de l'axe Rome - Berlin.

Sophia Loren la mère de famille dominée et écrasée par son fasciste ordinaire de mari, et Mastroianni l'homosexuel dont le seul crime est d'être gentil et délicat dans ce monde de salauds. Double humiliation, double solitude. Tous deux  inoubliables dans ce contre-emploi. On est bien loin des « gay pride » tapageuses et des proclamations féministes... Le film n'en porte que plus.

Scola rappelle certes aux Italiens d'où ils viennent, et dont ils sont en grande partie responsables, mais par ricochet il focalise aussi et surtout sur la prégnance, toujours présente aujourd'hui, de la mentalité fasciste au sens large, de la "bonne conscience" impitoyable envers les faibles et les "différents". Bien des Italiens pourraient aujourd’hui en prendre de la graine.