Ces jours derniers, gazettes, radios et télés ont généreusement servi la soupe à la nouvelle Jeanne d’Arc portée par le mécontentement populaire. Présence assurée  au second tour de la présidentielle, et, qui sait, peut-être même plus…

Mais rassurez-vous, ajoute-t-on, rien n’est perdu. Car de deux choses l’une.

- Comme notre Constitution, taillée à sa mesure par le Général et avalisée par nos socialistes, ne laisse en présence finale que deux postulants, il va de soi que l'opposé à l’Héritière sera vainqueur, nolens volens, qu’il s’agisse du rassurant maire de Bordeaux, de l’agité des meetings, voire d’un survivant PS du Hollande bashing.

- Mais si la vague bleue l’emportait quand même ? Là encore, pas de panique. N’avons-nous pas affaire à un mouvement dorénavant respectable, lavé des outrances paternelles, et tout aussi fréquentable, ma foi, qu’une bonne partie de la droite dont on aurait du mal à démêler la différence programmatique et la vision du monde d’avec celle du Front…

Bref, tout se passe comme si, dans un vrai cauchemar, nous étions en train de glisser dans un couloir d’avalanche, sans possibilité de nous en dégager, sans possibilité d’éviter ou d’amortir le fracas final, sans recours efficace à des forces alternatives organisées, qui ont le mérite d’exister mais qui, pour l’heure, témoignent de leur impuissance à regrouper, intégrer, galvaniser les millions de citoyens en déshérence… Ces citoyens qui gardent au cœur et aux tripes de vraies espérances de justice sociale et de démocratie, mais qui refusent dorénavant de se ranger sous la bannière d’une GAUCHE de gouvernement qui cyniquement piétine l’âme même de la gauche…
Quel enjeu, quel défi pour l’actuelle « gauche de la gauche » !