Gori

Cf. : « Politique et tirage au sort »
http://merlerene.canalblog.com/archives/2014/12/01/31059229.html

Lu dans le très dense et très riche essai de Roland Gori, De quoi la psychanalyse est-elle le nom ? Démocratie et subjectivité, Denoël, 2010.

« Aujourd’hui la démocratie comme force sociale a apporté une conception des droits de l’homme fondée à la fois sur le cynisme de l’homo economicus et la compassion des spectacles de télévision. Ainsi, pour reprendre l’expression de Sigerist, elle s’intéresse plus à ce qui est qu’à ce qui va être. Ce qui lui manque, c’est la perspective par où elle pourrait retrouver sa renaissance. Cette conception tend à saturer le vide sur lequel se fonde la démocratie comme gouvernement des égaux conçus moins comme des « grains de sable indéfiniment substituables les uns aux autres » que comme des semblables à égale distance des centres de décision politique. Le tirage au sort des citoyens dans la composition des instances strictement politiques en charge de la cité a pu constituer la figure la plus emblématique dans l’Antiquité de cette part d’indétermination qu’implique la démocratie. »