Violeta Parra - Segun el favor del viento

Hommage à la grande Violeta Parra, "Mère de la Nouvelle chanson chilienne", 1917-1967, cette chanson consacrée aux humbles travailleurs de son Sud Chili natal, au temps de la dure navigation à voile et de la pauvreté non touristifiée.
Il existe plusieurs versions de la chanson, plus ou moins longues, qui présentent quelques variations lexicales.

Je traduis ; ma traduction diffère quelque peu de celles présentes sur le net. Les spécialistes me corrigeront si besoin est.

Según el favor del viento / va navegando el leñero, / atrás quedaron las rucas, / par’ adentrar en el puerto. Corra sur o corra norte, / la barquichuela gimiendo / –llorando estoy–, / sea con hambre o con sueño / –me voy, me voy–.

Si le vent le veut /
navigue le leñero (modeste transporteur et marchand de bois), / laissant lesrucas (humbles cabanes, maisons de bois initialement des autochtones Mapuches, aujourd'hui atouts touristiques !) /, à l’entrée du port (des docks, des quais).
/ Cap au sud ou au nord / la petite barque gémit / - je pleure : / Que ce soit avec la faim ou le sommeil, / - je m'en vais, je m'en vais -
Del norte viene el pellín que colorea en cubierta. / Habrán de venderlo en Castro / aunque la lluvia esté abierta, / o queme el sol de lo alto / como un infierno sin puerta / –llorando estoy–, /o la mar esté revuelta / – me voy, me voy –.
Du nord vient le bois de pellín (grand chêne autochtone) / qui colore le pont. /
Il faudra le vendre à Castro / que ce soit sous la pluie / ou sous le haut soleil brûlant / comme un enfer sans portes / - je pleure - / ou que la mer soit agitée, / - je m'en vais, je m'en vais -.
En un rincón de la barca está hirviendo la tetera. / A un la’o pelando papas / las manos de alguna isleña; / será la madre del indio, / la novia o la compañera / –llorando estoy– Navegan lunas enteras / –me voy, me voy– /.
Dans un recoin de la barque / bout la théière. /
D’un côté épluchant des pommes de terre / les mains d'une femme des îles. /
Peut-être la mère de l'indien / sa fiancée ou sa compagne. / - Je pleure - / navigant durant des lunes / Je m'en vais, je m'en vais. /
No es vida la del chilote, no tiene letra ni pleito. / Tamango llevan sus pies, / milcao y ají su cuerpo ; / pellín para calentarse / del frío de los gobiernos / –llorando estoy– / que le quebrantan los huesos / –me voy, me voy–.
Ce n'est pas une vie que celle du Chilote (Chiloé, île cotière du Sud Chili) 
/ Pour lui ni papiers ni / justice /
 Tamango (frustes sandales en cuir) aux pieds /
Du  milcao (plat traditionnel de Chiloé à base de pommes de terres) et du piment rouge dans le corps
/ Du bois de pellín pour se réchauffer / du froid des gouvernements
/- Je pleure - / qui lui brisent les os, / - je m'en vais, je m'en vais - ./
Despierte el hombre, despierte, despierte por un momento. / Despierte toda la Patria / antes que se abran los cielos / y venga el trueno furioso / con el clarín de San Pedro / – llorando estoy – / y barra los ministerios / –me voy, me voy–.
Réveillez-vous, hommes, réveillez-vous / Réveillez-vous un instant
/ Réveillez toute la patrie / Avant que les cieux ne s'ouvrent
/ et que vienne le tonnerre furieux
/avec le clairon de Saint Pierre
/ - Je pleure -  / et balaye les
Ministères / - je m'en vais, je m'en vais - /
Quisiera morir cantando sobre de un barco leñero, / y cultivar en sus aguas / un libro más justiciero / con letras de oro que diga : / «No hay padre para el isleño / –llorando estoy–, / ni viento pa’ su leñero» / –me voy, me voy–.
Je voudrais mourir en chantant /
sur un bateau leñero / et cultiver dans ses eaux / un livre plus justicier, / avec des paroles d'or qui diraient
/ Qu'il n'y a pas de père pour l'insulaire / - Je pleure - /  ni de vent pour son leñero, / - je m'en vais, je m'en vais - /