Syriza

Écrasés et humiliés par la politique d’austérité imposée par la Troïka UE - BCE - FMI, les Grecs ont donc donné une imposante majorité (relative) à Syriza.
Dans sa dignité retrouvée, souhaitons au peuple grec beaucoup de courage, car il en faudra, pour que les dirigeants de Syriza aient la volonté (et la possibilité) de mettre en œuvre leur programme.
Nul doute que par la pression frontale ou par les tentatives de dévoiement et de corruption, ceux qui avaient mis ainsi la Grèce à genoux ne tentent de faire échouer l’entreprise.
Les Grecs ne l’ignorent pas.
Ils savent comment les USA ont organisé et soutenu le coup d’État militaire qui, en 1973, mit fin dans le meurtre et la torture à l’expérience démocratique chilienne.
Ils savent comment la Réaction et la Social-Démocratie européennes ont fait échouer « en douceur » la Révolution portugaise des Œillets de 1974.
Ils savent comment l’OTAN, avec son bras armé clandestin Gladio, n’a pas hésité à peser sur la vie politique italienne des années 1970-1980, afin d’éviter toute expérience gouvernementale de gauche.
Ils savent comment, par de véritables coups d’État « légaux », ont été bafouées les libres décisions populaires concernant l’Europe, et notamment le vote du peuple français rejetant le projet de constitution européenne en 2005.
Ils savent aussi, et surtout, comment « les marchés » sont et seront impitoyable, financièrement, économiquement, pour que rien ne change vraiment.
Le peuple grec, quoiqu’en disent de minables commentateurs, est un peuple fier. Il a montré son courage en se libérant de l’occupation fasciste et nazie, puis en luttant longtemps les armes à la main contre l’intervention britannique qui imposa le retour à la monarchie. Il a encore montré son courage en se débarrassant en 1974 de la terrible dictature des Colonels, instaurée par le coup d’État de 1967.
Nul doute qu’il saura manifester une fois de plus ce courage patriotique et politique.
Mais il aura besoin de la solidarité de tous les démocrates. À cet égard, on peut dire que nos socialistes français sont au pied du mur. Choisiront-ils d’aider l’expérience Syriza, ou préfèreront-ils une fois de plus de tuer l’espérance en se couchant aux pieds de Mme Merkel ?