Des questions m'ont été posées suite à quelques articles précédents. Je les résume. "Ne fais-tu donc pas de différence entre l’ex- président et la candidate du F.N ? Mets-tu la droite et le F.N dans le même sac ?".

Loin de moi cette idée.

Certes, à l'évidence, nombre d'électeurs F.N avaient voté Sarkozy dès le premier tour de 2007, puis sont revenus à leurs premières amours.

Certes, la porosité idéologique entre le F.N et la droite extrême s'est encore récemment manifestée de façon évidente.

Certes encore, des dirigeants UMP se sont délibérément placés sur le terrain du F.N pour se sauver, et de ce fait ont pris une très lourde responsabilité.

Et, les élections à venir le montreront sans doute, des cadres de la droite n'hésiteront pas à l'alliance au coup par coup avec le F.N, bien qu'ils affirment la rejeter pour l'instant.

Nous sommes ici sur la pente que nos voisins ont connue en leur temps : la droite, les droites plutôt, et les forces socio-économiques qu'elles représentent, peuvent, lorsqu'elle se sentent en danger, recourir au renfort indispensable de l'extrême droite, en pensant pouvoir la contrôler, voire la dominer. Illusion fatale. De 1922 à 1925 en Italie, et en 1932-1933 en Allemagne, ces droites ont cru pouvoir maintenir un régime de " libertés démocratiques " dont des révolutionnaires pouvaient montrer les limites, voire pouvaient se gausser. C'est quand ces libertés ont été abolies, c'est quand les portes de Dachau se sont ouvertes, que chacun a compris que l'on changeait de régime. 

Donc, en ce qui nous concerne, pour l'heure, l'affrontement politique se déroule dans le cadre des "libertés bourgeoises", que nos aïeux ont conquises, et dont nous profitons. La lucidité politique implique de tout faire pour l'y maintenir, avant l’irréparable.