france-allemagne-le-match-de-la-satire

On croit rêver... Du PS à Pierre Laurent, on salue notre Président  qui a su s'opposer au diktat allemand, éviter le Grexit, et de ce fait, sauver la Grèce, l'Europe et surtout l'Euro... Bigre ! Le soi-disant compromis concocté à quatre a bien pourtant comme résultat de placer la Grèce sous tutelle (« Le gouvernement doit consulter les institutions [européennes] et convenir avec elles de tout projet législatif dans les domaines concernés dans un délai approprié avant de le soumettre à la consultation publique ou au Parlement », dit l'accord), de la condamner à rembourser éternellement sans possibilité véritable de relancer son économie, sinon par prise en main coloniale d'achats et investissements étrangers, principalement allemands. La gentille France aurait fait passer en douceur ce que la méchante Allemagne voulait obtenir par la trique...
Ceci ne signifie pas, bien évidemment, qu'il n'y ait pas des antagonismes masqués, et marqués, dans le soi-disant indissoluble couple franco-allemand. Mais, en l'occurrence, les négociateurs allemands et français se rejoignaient sur la nécessité de maintenir ad vitam eternam la dictature de l'Euro. Les négociateurs français devraient pourtant réaliser ce que tout le monde sait, à savoir que cette dictature de l'Euro est génératrice d'une austérité que, après l'avoir imposée à la Grèce, l'Europe allemande imposera à l'Italie, à l'Espagne, au Portugal... et à la France : on les sommera à leur tour d'éponger leurs dettes et de respecter impérativement les directives européennes concernant  le critère de déficit public fixé à 3 % du PIB. Au grand dam de notre indépendance nationale, de notre système de protection sociale et sanitaire, et de nos services publics... Et sans doute sous les applaudissements des commentateurs serviles qui depuis des semaines, de JT en JT, de débat en débat,  nous expliquent qu'il n'y a pas d'autre alternative et que l'horreur d'un gouvernement vraiment de gauche ne saurait être tolérée...