congrès 1849

Je regarde cette carte d’entrée attribuée au journaliste de L’Illustration, pour les séances des 22,23, 24 août 1849 du Congrès des Amis de la Paix universelle, tenu  à Paris, rue de la Chaussée d’Antin. (Carte conservée par la Bibliothèque Nationale).

On peut lire sur ce blog des extraits des discours que prononça Victor Hugo devant les congressistes :
http://merlerene.canalblog.com/archives/2015/01/06/31156728.html

On sait que Marx renvoya à l’utopie démobilisatrice cette généreuse initiative où se mêlaient sectaires religieux anglo-saxons, humanistes à la Hugo… et libre-échangistes persuadés qu’avec la fin des frontières et la paix universelle, le libre jeu du marché (capitaliste, bien sûr) assurerait le progrès général et le bonheur de tous.

Laissons ces derniers, affairistes à la bonne conscience, qui ne sont pas sans nous rappeler les thuriféraires du Marché, qui fleurirent après la chute de l’URSS, et nous serinèrent que notre bonheur découlerait de la libre concurrence.

Mais revenons aux premiers, éminemment respectables, intellectuels et hommes de foi, persuadés que la proclamation de la fraternité humaine et l’annonce de temps meilleurs suffiraient, par leur force de conviction, à faire en sorte que les nations « civilisées » arrêtent de s’entredéchirer.

Ils m’évoquent ces militants généreux dont je reçois la prose, qui échafaudent des avenirs heureux pour une Europe enfin confédérale, débarrassée du carcan fédéral, mettant en œuvre des politiques financières qui, du niveau régional au niveau européen, sans oublier le niveau national, assureraient un développement fondé sur le bien commun et non sur le profit capitaliste… Mais on ne sait vraiment par quel miracle, dans ce monde de fer, cette félicité adviendrait, félicité aussi improbable que la paix universelle appelée par les pacifistes de 1849.