J’ai quelque peu traité de langue/s, (anglo-américain, français), dans de récents billets. Mais notre pauvre langue d’oc dans tout cela ? (Je dis "notre" à l'intention des quelques fidèles de ce blog qui sont aussi fidèles de cette langue). Je voulais en traiter plus tôt, mais l'actualité m'a poussé ailleurs, évidemment. Revenons-y donc.

Mon blog linguistique  http://archivoc.canalblog.com/ en témoigne abondamment, je ne suis pas insensible au passé, au présent, et surtout à l’avenir de la langue d’oc, particulièrement dans sa composante provençale.
Pour autant, ce n’est pas sur mon blog linguistique que je place les réflexions qui suivent, car elles peuvent peut-être intéresser au-delà des aficionados qui consultent « archivoc », dans la mesure où elles touchent à la vérité de la réalité régionale provençale, et de la vérité nationale.

Le 24 octobre dernier ont eu lieu deux manifestations de revendication linguistique, l’une, annuelle et rituelle dans une grande ville du Sud, à Montpellier cette fois, organisés par l'Institut d'études occitanes et les Calendretas, en faveur de la « langue occitane » une dans la diversité de ses formes dialectales ; l’autre en Arles, organisée par un collectif provençaliste (sans le Félibrige) en faveur de la « langue provençale », radicalement démarquée de l’appellation « occitane ».

La manifestation de Montpellier était totalement consacrée à la langue. La manifestation d'Arles, au contraire, proposait un véritable manifeste régionaliste, pour ne pas dire "national", en faveur d'une Provence quelque peu assimilée à sa seule composante rhodanienne ("bouvino", gardians, costume arlésien, riziculture). 

Si l’envie vous en prend, vous pouvez détailler les revendications de la première en consultant cet  appel :
https://www.google.fr/?gws_rd=ssl#q=anem+òc+per+la+lenga+occitana

Et vous pouvez détailler les revendications de la seconde en consultant ces trois textes, sans doute à certains égards ésotériques pour les non initiés :
file:///Users/renemerle/Desktop/BLOGS/BLOG%20FUTUR/provençal/Gardaren%20Prouvènço%20-%20Arles%20Agenda.webarchive

 file:///Users/renemerle/Desktop/BLOGS/BLOG%20FUTUR/provençal/Réunion%20de%20la%20Coordination%20pour%20la%20Manifestation%20du%2024%20octobre%202015%20à%20Arles%20-%20Collectif%20Prouvènço.webarchive

 file:///Users/renemerle/Desktop/BLOGS/BLOG%20FUTUR/provençal/Les%20questions%20du%20Collectif%20Prouvènço%20aux%20candidats%20des%20prochaines%20élections%20régionales%20-%20Collectif%20P.webarchive

Je reviendrai peut-être sur ces revendications, dans ce qui les unit et dans ce qui les sépare, mais je voudrais déjà pointer deux écartèlements fondamentaux :

Écartèlement entre le constat d’une présumée sympathie de l’opinion à l’égard de la langue qui fut jadis celle de tous, et la situation catastrophique dans laquelle agonise aujourd’hui cette langue…

Ecartèlement entre l’hostilité larvée ou proclamée à l’égard de l’État français, (centralisé, « jacobin », héritier de l’Abbé Grégoire chasseur des « patois », et j'en passe), et un appel désespéré à cet État pour qu’il sauve ce qu’il aurait mis à mort (signature de la charte européenne des langues minoritaires, garantie de l’enseignement public de la langue et de son cursus, présence dans les médias officiels, etc. etc.).

On peut adhérer à ce type de revendications, ou on peut douter de leur efficacité. Je n’en discuterai pas ici.

À noter que la  revendication provençaliste, telle qu’elle s’est exprimée en Arles, paraît en bonne voie au plan régional, puisque participaient ostensiblement à la manifestation  les têtes de liste aux élections régionales (je donne par ordre alphabétique) du Front National, des Républicains et des Socialistes... Affaire à suivre...