dürer

Dürer

Oui, je sais, il y a dans notre région tant de choses intéressantes à voir et à entendre ; oui, je sais, il y a des paysages, des villages et des quartiers dont on ne se lasse pas ; oui, je sais, il y a tout plein de braves gens et aussi bien des gens intéressants, qui ne s'occupent pas que de leur nombril : j'en sais quelque chose en tant que père d'une fille handicapée ; oui, je sais...
Mais quand même...
Quand une forte minorité d’électeurs s’apprête à confier la région dite PACA au FN ; quand la poudrière marseillaise ne doit sa relative tranquillité, sociale et religieuse, qu’aux mille et un trafics qui font vivre ; quand tant de femmes, surtout jeunes, tiennent à afficher d'un foulard leur communautarisme ; quand des prosélytes néo-ensoutanés, que Christ ne reconnaîtrait guère, la jouent dans ma ville « Terre de mission » ; quand tant d'enfants d'Italiens, d'Espagnols et de Maltais crient qu'on n'est plus « chez nous » ; quand, ignorante de ce qui a pu façonner ce pays, déferle la vague héliotrope, avide de « fun » ou de tranquillité égoïste ; quand je croise des xénophobes qui cependant s’enflamment pour un XV de mercenaires étrangers ; quand, de la mer à la montagne, spéculation, bétonnage et vulgarité dégradent plus encore des lieux qui furent magnifiques ; quand de proclamés patriotes sang et or recuisent leur fermeture provinciale-provençale, entre deux groupes de gardians ; quand ce qui fut mine, chantier naval, usine, devient « lieu de mémoire » ; quand au regard juste sur le passé se substituent les  « médiévales » municipales en costume ; bref, quand tant de constats avivent notre vieille parano, comment ne pas sentir le ridicule qu’il y a à continuer l’égrenage en blog de ses états d’âme vieillissante, de ses souvenirs d'un temps révolu, de ses coups de cœur pour "happy few" (comme on dit en provençal...), de ses rappels des grandes causes du passé (ainsi la série en cours sur Ernest Renan, que l'on retrouvera bientôt), etc. etc. Continuons donc encore quelque peu, mais sans conviction, ou plutôt avec la seule conviction, facile, de la bonne conscience...