Sur Louise Michel (qu'on ne présente plus) et la Corrida, on consultera notamment Christophe Traïni, La cause animale. Essai de sociologie historique (1820-1980), qui cite ce cri de Louise :
« Au fond de ma révolte contre les forts, je trouve du plus loin qu’il me souvienne l’horreur des tortures infligées au bêtes. Depuis la grenouille que les paysans coupent en deux, laissant se traîner au soleil la moitié supérieure, les yeux horriblement sortis, les bras tremblants, cherchant à s’enfouir sous terre, jusqu’à l’oie dont on cloue les pattes, jusqu’au cheval qu’on fait épuiser par les sangsues ou fouiller par les cornes des taureaux, la bête subit, lamentable, le supplice infligé par les hommes. Et plus l’homme est féroce envers la bête, plus il est rampant devant les hommes qui le dominent. » (Louise Michel, Mémoires, F. Roy, 1886).
Sa position rejoint tout un courant socialiste anti vivisection et anti corrida (courant non socialiste méridional en l’occurrence, on l’imagine) auquel La revue socialiste fait écho à la fin des années 1880.
Dans la « Chanson de cirque. Corrida de Muerte », (sur l’air de « Cadet Rousselle »), Louise Michel lie l’engouement du Tout Paris pour la tauromachie à sa délectation devant la mise à mort des Communards.

Les hauts barons blasonnés d'or,
Les duchesses de similor,
Les viveuses toutes hagardes,
Les crevés aux faces blafardes,
Vont s'égayer. Ah ! oui, vraiment,
Jacques Bonhomme est bon enfant.

C'est du sang vermeil qu'ils vont voir.
Jadis, comme un rouge abattoir,
Paris ne fut pour eux qu'un drame
Et ce souvenir les affame ;
Ils en ont soif. Ah ! oui, vraiment,
Jacques Bonhomme est bon enfant.

Peut-être qu'ils visent plus haut :
Après le cirque, l'échafaud ;
La morgue corsera la fête.
Aujourd'hui seulement la bête,
Et demain l'homme. Ah ! oui, vraiment
Jacques Bonhomme est bon enfant.

Les repus ont le rouge aux yeux.
Et cela fait songer les gueux,
Les gueux expirants de misère.
Tant mieux ! Aux fainéants la guerre ;
Ils ne diront plus si longtemps :
Jacques Bonhomme est bon enfant.