La vie politique française ne cesse de nous réserver des surprises.

Ainsi, le gouvernement qui détricote avec constance les conquêtes sociales nées de 1936 et de 1945-1946, n’en célèbre pas moins, la main sur le cœur, le 80e anniversaire du Front populaire.

Et le fin humoriste qu’est notre Ministre de l’Économie, M. Emmanuel Macron, a poussé la plaisanterie jusqu’à aller, avec le succès que l’on sait, saluer au bureau de poste de Montreuil la parution d’un timbre honorant le Front populaire.

Nous ne ferons pas l’affront à ces politiques dénonciateurs des grèves de penser qu’ils ignorent l’histoire, et, en l’occurrence, que, après le succès électoral du Front populaire (26 avril – 3 mai) c’est l’immense contagion gréviste de juin qui imposa des réformes sociales capitales qui ne figuraient pas dans le programme électoral du Front populaire.

Pendant ce temps, le secrétaire à peine réélu du Parti communiste appelle à la constitution d’un nouveau Front populaire, en priorité avec les « bons » socialistes (donc sans Hollande).

Nous ne lui ferons pas non plus l’affront de penser qu’il ignore l’histoire. Si le Front populaire a dû sa victoire électorale de 1936 (qui n’avait rien d’un raz de marée) au ralliement des radicaux, il a dû aussi sa rapide dislocation, et son échec, à la défection des mêmes radicaux. Ces radicaux oscillant entre la droite et une gauche très modérément réformatrice, et dont l’électorat était avant tout celui des classes moyennes, nous font irrésistiblement penser à ce qu’est devenu le Parti socialiste actuel. Vouloir assurer l’avenir par la seule alliance avec LES SEULS DIRIGEANTS (je dis bien "dirigeants") d'un PS labellisé « à gauche » reviendrait à confier cet avenir, dans le meilleur des cas à des impuissants qui reculeront dès le premier combat, et, dans le pire des cas, à des traîtres potentiels…