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Quelle curieuse sensation de revoir Blow up (Antonioni, 1966) cinquante ans après sa sortie, cinquante ans après mes trente ans… Film culte, mais que je n’avais jamais voulu revoir, pour en garder la marque, qui était celle de la fin de ma jeunesse. Par contre, en 1966, au meilleur de sa forme créatrice, Antonioni l’Italien est un adulte accompli de 54 ans, qui promène un regard fasciné sur ce qu’il imagine être la réalité du jeune Swinging London psychédélique : révolution des mœurs, de la mode et de la musique, ce qui en ferait en quelque sorte un document, cependant que le thème « policier », chacun connaît (inutile d’y revenir), court  à sa façon à travers tant de scènes éclatées de ce film-labyrinthe.
Sans le moins du monde réduire ce film vertige à un documentaire, ce qui m’a surtout captivé dans cette re-vision a été de confronter, sans nostalgie, les promesses sociétales ambigües de l’avant 68 à notre réalité sans promesses.