L'Euro 2016 ne sera pas seulement une « fête du football mais aussi une fête de l'idée européenne », avait estimé François Hollande, juste avant le coup d'envoi de la compétition.
Belle fraternité que celle dont Marseille a été témoin, ainsi que Nice, Lille ou Lyon…
Mais les événements vont vite et ces affrontements sont déjà en passe d’être oubliés, ou, à tout le moins, relativisés.
On nous explique qu’il ne faut pas confondre les hooligans purs et durs, adeptes du combat de rue, et les ultras, supporteurs exaltés, et qu’il ne faut pas confondre les ultras avec les supporteurs ordinaires, etc. etc.
On nous rappelle que la manifestation d’une masculinité hyper agressive est de tous les temps, que la violence juvénile a longtemps accompagné les fêtes villageoises et de quartiers, que les combats entre bandes urbaines sont monnaie courante dans l’agglomération parisienne.
Et on nous signale, mais vraiment incidemment, que le hooliganisme, sport national des pays de l’Est européen, est quelque peu marqué d’une idéologie d’extrême droite… Et nos voisins (Espagne, Italie, Allemagne et d’une certaine façon Angleterre) ne sont pas préservés de ce virus (cf. les bannières, tatouages, saluts nazis, etc. des groupes stoppés par la police française).
Sans paranoïa, on peut penser que ce bouillonnement de violence n’est pas sans évoquer les années troubles qui virent se constituer, il y a bientôt un siècle, les premières troupes de choc du fascisme. Et comment ne pas faire le lien avec ce qui s’est passé dans un pays européen civilisé, si proche de nous, la Yougoslavie, où l’on est vite passé du hooliganisme nationaliste et fascisant aux milices responsables des pires exactions (tueries massives de civils, camps de viols, etc.).