Mesure-t-on assez la force et la violence de ce qui nous pend au nez ? Je demandais hier matin au gérant d'un petit commerce pourquoi il arborait plusieurs drapeaux français. Réponse : « Si un Algérien sort le drapeau algérien, on dira que c’est bien. Si je sors le drapeau français, on me dira que je suis un facho. Alors je le sors et je le ressors. ».
La force actuelle de la droite extrême et de l’extrême droite procède essentiellement aujourd’hui de cette cristallisation populaire sur l’identité et le rapport conflictuel à l’Autre, qui permet d'effacer les questions socio-économiques. Et ajoutez-y la haine de l’assisté et du migrant pour lesquels « nous » payons (on n’évoque jamais les turpitudes financières des puissants et des riches, alors que l’actualité fournirait pourtant matière…)

Nous sommes au bord d’un précipice, et il est plus que jamais nécessaire de se demander comment ne pas y tomber bientôt, sans pour autant se jeter dans les bras d’un Président qui se pose en sauveur suprême, d’un jeune arriviste sans scrupules ou d’un ex-premier ministre de droite revêtu de la robe du sage…