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Coupe et profil de l'Hôtel de Matignon, 1722-1738

 

 

J’ai lu avec intérêt ce week-end une déclaration de J.L. Mélenchon, affirmant que les anciens ministres de F.Hollande sont comptables du quinquennat et doivent assumer la sanction collective.
Il visait évidemment divers candidats à la primaire.
Comme je l’ai écrit sur ce blog il y a quelque temps, je me refuse désormais à commenter les péripéties et les personnages de cette campagne présidentielle, tellement je suis écœuré par l'étau politique dans lequel nous sommes enfermés. Étau dont la dernière élection régionale a été bon exemple pour nous, électeurs de PACA, sommés de devoir choisir au second tour entre M. Estrosi et Mme Maréchal Le Pen.
Je ne parlerai donc plus des élections présidentielles... Qu’on se rassure, la campagne électorale n’en mourra pas.

Pour autant, la remarque de J.L.Mélenchon m’a remis en mémoire le fait que lui aussi avait été ministre socialiste d’un gouvernement socialiste, en un temps où François Hollande était premier secrétaire du Parti socialiste. Et que peut-être il s'appliquait à lui-même, rétrospectivement, la volée de bois vert qu'il adressait à MM. Hamon, Montebourg et autres... 
J.L. Mélenchon en effet fut ministre dans le gouvernement Jospin 2, (27 mars 2000 – 6 mai 2002), où il entra tout guilleret comme  « ministre délégué à l’enseignement professionnel ».

Cf. Libération, 27 avril 2000 :http://www.liberation.fr/portrait/2000/04/27/jean-luc-melenchon-48-ans-ex-grande-gueule-du-ps-rentre-dans-le-rang-avec-celui-de-ministre-delegue-_321446

 

Unknown

Malgré quelques avancées positives, la politique de ce gouvernement décevra une grande partie de son électorat populaire. La sanction ne tardera pas, et Lionel Jospin, dépassé par J.M. Le Pen, ne passera pas le premier tour des présidentielles et sera pas au second tour. Exit alors Lionel Jospin et son gouvernement... Ce trauma est bien sûr de l'histoire ancienne pour notre jeunesse en espérance de changement et de renouveau, mais il demeure comme une terrible leçon pour bien des électeurs plus âges.
L’envie m'est venue alors de retrouver la composition de ce gouvernement. Bien m’en a pris.
Qui ai-je rencontré ?
D’abord une belle brochette de caciques confirmés du PS : Laurent Fabius, Martine Aubry, Elisabeth Guigou, Marylise Lebranchu, Daniel Vaillant, Jack Lang, Pierre Moscovici, Ségolène Royal, Claude Bartolone, Michel Sapin, etc. ; certains de ces dirigeants sont aujourd'hui recasés sur des touches confortables, ou boudent sur leurs terres ; mais d'autres sont   toujours aux affaires, sans avoir semble-t-il appris grand chose de l’échec de 2002, au point d’afficher désormais ouvertement leur « libéralisme » (à l’œuvre en 2000-2002, mais masqué) ; je dis bien le « libéralisme », (puisqu’il faut paraît-il appeler ainsi la liberté du renard dans le poulailler).
J'ai rencontré aussi des socialistes au destin ultérieur divergent : Bernard Kouchner, futur ministre de N.Sarkozy, Christian Paul aujourd’hui chef de file « frondeur », et bien sûr J.L.Mélenchon...
Rencontré également le MDC Jean-Pierre Chevènement (qui ne fit pas long feu et démissionna le 29 août 2000 à propos du Statut de la Corse), deux radicaux, quatre  communistes, dont Jean-Claude Gayssot (aujourd’hui dans la nature après avoir prôné la disparition du PCF) et Marie-George Buffet (aujourd’hui PCF soutien personnel de J.L. Mélenchon), les Verts Yves Cochet et Dominique Voynet dont on connaît l’itinéraire ultérieur… 
Bref, il ne m’a pas été inutile de me reporter à cette période (où j’avais encore quelques illusions sur « la gauche plurielle »), pour confronter  ces illusions à la confiance que l’on peut faire à ses représentants, dans leurs fidélités et/ou dans leurs reniements.