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Notre Président vient de participer au sommet de la Francophonie à Madagascar.
Il y a notamment déclaré : La francophonie est attaquée « parce que le français est la langue de la raison, de la liberté, de l’émancipation. Parce que c’est en français que l’universalité des Droits de l’Homme et du Citoyen a été proclamée. Et c’est ce que les fanatiques n’acceptent pas ». 

Je me risque à trois remarques :

« langue de la raison » - Encore et toujours cet esprit de supériorité franchouillard qui fait du français LA langue de la raison ! Le français est notre langue, nous l’aimons et la défendons, mais en aucune façon nous ne devons lui accorder une supériorité sur les autres langues, tout aussi belles et respectables, quelles qu’elles soient (anglais, espagnol, italien, russe ou patagon) et tout aussi capables d’être les langues de la raison, puisque tout être humain est doté de raison... sauf à les renvoyer à une fonction utilitaire (l'anglais), ou pire, dans la bonne et vieille tradition française, au rang de patois…

« Universalité des Droits de l’Homme et du Citoyen » - Pourquoi ne pas dire que notre magnifique déclaration de 1789 a puisé, et ceci n’a rien de déshonorant, dans les déclarations britanniques et, vraiment à chaud, dans celles de la révolution américaine, les unes et les autres évidemment en anglais…

Mais ce qui est vrai, et qui voyage en se frottant un peu à la réalité des pays visités peut mesurer que partout la France est le pays de la Grande Révolution, et que plus que sa langue, c’est la référence à cette levée en masse pour l’égalité et la justice qui fait que notre pays est aimé… ou détesté.

Ce qui nous amène à un autre passage de la déclaration présidentielle :
« Nous ne sommes pas simplement les héritiers d’un passé linguistique. Nous sommes les promoteurs d’une conception du monde. C’est cela le sens de la francophonie : d’être ensemble parce que nous parlons la même langue, mais aussi parce que nous avons les mêmes objectifs, les mêmes volontés, les mêmes engagements. »

Comme on aimerait que bien des chefs d’État alignés sur la photo participent effectivement des mêmes engagements de démocratie et de justice sociale…