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Entre deux séjours en clinique, je lis avec grand plaisir, sur le site de la Bibliothèque numérique de Toulouse, les  Douléenços de las fennos de Toulouso, as Estats-Générals, datées du premier avril 1789. 
http://numerique.bibliotheque.toulouse.fr/cgi-bin/superlibrary?a=d&d=/ark:/74899/B315556101_RD18_000756_015#.WFrgxbFMC0c

Pastiche bien tourné qui propose quelques revendications féminines bien senties… Le droit de quitter leur mari quand il les trompe, le droit de se marier jeune, et sans le consentement des parents, etc.

 

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Je vous laisse lire la totalité du texte en Oc, si le cœur vous en dit. Mais vous trouverez aussi une traduction française dans un article du très répandu Midi socialiste, du 1er avril 1913. L'article est consultable à la suite du texte original sur le même site de la Bibliothèque numérique de Toulouse. 

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À la différence du regretté Doyen Godechot qui avait signalé le texte en pastiche amusant de premier Avril, le journal, un peu le nez sur la vitre, hésite entre le document véritable et le poisson d’Avril.

« Un anniversaire

« Doulenços [sic] dé Fennos »

1er avril 1913 – 1er avril 1789. – Ce qu’écrivaient les femmes de Toulouse. – Féminisme avant l’heure. – Curieux essais d’impôt sur le luxe. – Ce qui ferait plaisir à M. Etienne. – Pour punir les maris.

C’est aujourd’hui le 1er avril : les amoureux se combleront de poissons et de tendresses, et les malins se joueront des naïfs – au grand désespoir de cette éternelle victime : le facteur. La période troublée dans laquelle nous vivons, les grandes questions sociales qui tourmentent les nations, les menaces des grands et les protestations des petits, tout cela n’empêchera pas les mauvais plaisants et les spirituels amis de penser à la « bonne farce » qu’ils ont faite au voisin.
Mais sait-on qu’il y eut, dans la vie de Toulouse, un premier avril où les femmes de la Cité se livrèrent à une imposante manifestation politique et sociale qui ne manqua ni de gravité ni de bonne humeur ? Ce premier avril fut celui de 1789. Alors, en pleine tourmente des esprits, le pamphlet était l’arme ordinaire et journalière des partis en présence. Entre républicains réclamant des réformes au pouvoir et réactionnaires protestant contre les réformes accordées, il y eut lutte par des couplets, dont la plupart n’eurent d’ailleurs qu’une destinée éphémère.
D’après un document de l’époque, les femmes se seraient mêlées au mouvement. Et ce ne fut pas elles qui eurent le moins d’esprit et de bon sens. Comme les hommes qui venaient de rédiger leurs cahiers de revendications, les femmes de Toulouse s’assemblèrent, paraît-il, le 1er avril 1789 et dressèrent, elles aussi, leur cahier qui portait ce titre : « Doulenços [sic] dé las fennos dé Toulouso as Estats Générals. »
Dans les riches collections de la bibliothèque municipale, nous avons retrouvé le vieux parchemin, noirci d’une écriture large et ferme et demeuré parfaitement lisible. Et, au moment où les féministes contemporaines lancent à tous les échos des déclarations souvent emphatiques et toujours vigoureuses, au moment aussi où les questions fiscales, militaires et sociales préoccupent notre génération, il est curieux de lire ce document plein de saveur et de « rosserie » où l’on voit que, dès 1789, les femmes de Toulouse envisageaient, avec beaucoup de finesse et d’audace, certains solutions originales des divers problèmes sociaux non encore résolus.
Nous croyons devoir suivre le texte de la traduction littérale, mais aucune traduction ne pourra rendre les pittoresques expressions patoises dont cette déclaration est émaillée. »

L'article présente ensuite les Doléances article par article, avec traduction.