Unknown

Il m'arrive de le penser, mais je ne dirai pas exactement cela...

Cf. : « De la bonne année, et de la difficulté d’y voir clair aujourd’hui… comme hier »
http://merlerene.canalblog.com/archives/2017/01/05/34712193.html

 

Suite à mon récent billet, un lecteur me reproche gentiment de me défausser à propos des élections présidentielles, et me dit qu'il vaut mieux quand même un mauvais social-libéralisme qu’un libéralisme ultra dur à la Fillon, (dont chacun a pu prendre la mesure inquiétante du programme avant son rétro-pédalage sur la Sécu).

Je ne peux que dire à nouveau : dans ce type de scrutin, on ne choisit pas un candidat par conviction, on le choisit pour éliminer un autre candidat. Que les socialistes (et on ne sait encore qui sera l’élu de la primaire), après avoir agité le péril du FN, clament aujourd’hui  leur incantation : « Au secours, la droite revient, donc votez pour nous », c’est de bonne guerre.  Reste à savoir si le dans le camp immense des déçus du Hollandisme, beaucoup ne préfèreront pas par exemple le jeunisme amateuriste de notre ex-banquier à des chevaux de retour de cette gauche, quels qu’ils soient.
Pour mon compte, je n’ai pas le sentiment de me défausser, et, comme tout le monde, comme ces centaines de milliers de citoyens qui se sont précipités pour se faire inscrire, je pèse les enjeux et je voterai en conséquence. Le maoïste que je n’ai jamais été aime bien pourtant la célèbre citation de Mao :
« Il apparaît donc que si un processus comporte plusieurs contradictions, il y en a nécessairement une qui est la principale et qui joue le rôle dirigeant, déterminant, alors que les autres n'occupent qu'une position secondaire, subordonnée. Par conséquent, dans l'étude de tout processus complexe où il existe deux contradictions ou davantage, nous devons nous efforcer de trouver la contradiction principale. Lorsque celle-ci est trouvée, tous les problèmes se résolvent aisément. »

Mais je dois ajouter encore que, d'une façon générale, tout le battage fait autour des défauts et des qualités des hommes politiques, et de leur dérisoire appétit de pouvoir, n'est en définitive qu'un écran de fumée. Cet écran cache l'essentiel aux couches populaires que l'on veut anesthésier, et châtrer de leur vertu révolutionnaire : la logique suicidaire d'un système capitaliste (qui nous mène à la catastrophe sociale, économique, guerrière, sous le prétexte de l'abondance). Et les solutions ne procèdent guère, à l'évidence, de l'hypocrite "mon ennemi, c'est la finance" hollandien, ou du sympathique mais bien creux "l'Humain d'abord". Non qu'il ne faille pas protéger et enrichir la vie des hommes, et qu'il ne faille pas s'attaquer à la domination du capital, financier au premier chef. Mais encore fait-il s'en donner les moyens dans l'analyse, les propositions, et ne pas se contenter d'incantations qui ne mordent pas sur l'adversaire et ne mobilisent pas le vrai acteur social du changement... Mais il est vrai que parler de lutte des classes par les temps qui courent, ça fait un peu ringard.

P.S (si j'ose dire) - On murmure que la France insoumise présenterait des candidats aux législatives contre les députés PCF qui n'avaient pas approuvé le soutien à Mélenchon. J'espère que la rumeur est tout à fait infondée. Sinon, triste politique politicienne... Mais après tout, le PCF l'a bien cherché en laissant le coucou s'installer dans son nid, et le phagocyter. Mitterrand bis repetita...