cahiers-bolch

Publication clandestine, trois mois après la mise hors la loi du PCF en septembre 1939

 

Éditorial – " Le Parti Communiste Français (S.F.I.C.) en lutte contre la guerre impérialiste

[…] Le Comité Central ne comprit pas à temps la signification des changements qui se précipitaient à la fin du mois d’août et au début de la guerre. Sur le plan international Hitler ayant renoncé bon gré mal gré à la guerre contre l’Union soviétique, les provocateurs impérialistes de Paris et de Londres s’engagèrent dans la voie du conflit armé avec l’Allemagne. Donc il ne pouvait plus être question ni de Front de la paix, ni de sécurité collective, ni d’assistance mutuelle. La réaction était passée ouvertement à l’attaque contre l’Union soviétique.
Au surplus, à l’intérieur, tous les partis et groupements de la bourgeoisie, y compris la social-démocratie, réalisaient l’union sacrée. Ils se lançaient à fond dans une politique commune de réaction et de guerre. La répression appelée et organisée par les chefs socialistes s’abattait sur la classe ouvrière et sur le Parti Communiste. A partir de ce moment, il ne pouvait plus être question de défense de la démocratie contre le fascisme, ni de Front populaire avec les chefs radicaux, ni de Front unique avec les chefs socialistes passés ouvertement sur les positions de l’impérialisme.
La situation nouvelle exigeait une autre ligne politique, de nouveaux mots d’ordre, une nouvelle manière d’appliquer la tactique du Front unique et du Front populaire.

La seule politique juste pour la classe ouvrière et pour le parti communiste, c’est la lutte courageuse contre la guerre impérialiste, pour la paix, en
portant les coups contre la réaction en France, contre les représentants au pouvoir, contre Daladier et contre ses complices socialistes et réformistes.
[…] Tenant compte de la différence de situation, le Parti Communiste ne doit pas copier, répéter les mots d’ordre mis en avant pendant la précédente guerre impérialiste, mots d’ordre juste dans une situation donnée, comme par exemple : « la transformation de la guerre impérialiste en guerre civile » ; dans les circonstances actuelles le Parti peut dans l’esprit ci-dessus indiqué, lutter pour la « PAIX IMMÉDIATE ».
[…] La situation nouvelle, les tâches nouvelles exigent à tous les postes de direction des hommes politiquement fermes, intelligents et capables, des hommes clairvoyants et combatifs, animés d’un grand esprit d’initiative et de responsabilité, sachant résoudre d’eux-mêmes, et sans attendre, les problèmes posés quotidiennement devant le Parti et ses organisations. Les éléments hésitants, opportunistes ou sceptiques ne peuvent être maintenus aux postes de direction. Aucune considération d’amitié ou de services rendus dans le passé ne saurait justifier le maintien dans leur fonction, de militants qui se seraient révélés faibles, incapables, inaptes aux nouvelles tâches. Les responsabilités principales doivent être confiées à ceux qui sont en mesure de les assurer. Il faut mettre chaque homme à sa place, afin que les décisions prises avec rapidité soient exécutées avec énergie. On doit aussi dans ce but contrôler toujours mieux l’exécution des décisions prises.
La réaction frappe notre Parti Communiste, elle cherche à le décomposer. Le Parti résistera victorieusement à l’assaut, il réalisera avec succès sa tâche d’organisateur de l’action des masses contre la guerre, à la condition de renforcer encore et toujours la cohésion dans ses rangs, à la condition d’obtenir de chacun de ses militants une discipline de fer, une discrétion et une vigilance à toute épreuve, à la condition de combattre résolument tout écart de la ligne juste, toute manifestation de l’opportunisme."

L'article se termine par la mise en valeur de "l'éducation marxiste-léniniste", qui est d'une "importance exceptionnelle dans les conditions de l'illégalité".