« C’est en vous voyant de près que l’auteur a appris à vous connaître, vils exploiteurs ! Il peut vous demander où sont vos promesses d’autrefois, vos écrits, vos discours. Vos actions, chacun les connaît maintenant ; ne vous a-t-on pas vus à l’œuvre ? Qu’avez-vous fait ? Rien !... ah ! si fait ; vous avez travaillé, mais pour vous, à vous enrichir. Voilà tout ! Égoïstes ! Que vous a-t-il manqué pourtant ? Vous étiez à même de remplir toutes vos promesse : l’administration, le trésor, l’armée, le peuple, tout enfin vous appartenait.
[…] Une fois les maîtres, vous avez trouvé commode de gouverner la République avec les vieux rouages de la monarchie. Vous n’avez rien imaginé de sérieux, de durable. Votre passage aux affaires a été déplorable et sera une des pages funestes de l’histoire de notre pays. 
Les hommes éminents, que la crainte de l’opinion vous avait forcés de vous adjoindre n’osaient rien proposer de grand et de vraiment démocratique, car ils craignaient de lâcher la bride à vos imaginations déréglées. Mais que vous importait le peuple ! Vous meniez un train de princes, Messeigneurs ! vous vous faisiez servir par la valetaille des châteaux royaux. O démocrates ! comme ils étaient doux vos loisirs, et que vous deviez bénir la baguette magique du peuple qui était venu changer vos sales mansardes en splendides palais ! »

Non, ne croyez pas que j’extrais ces lignes d’un libelle d’actualité ! Ne croyez pas qu’il s’agit d’un complément au billet précédent :

Il s’agit de l’introduction de l’ouvrage d’un ancien activiste républicain sous la Monarchie de Juillet, qui dénonce ici ce qu’a été d’après lui le fugitif règne des anciens leaders de l’opposition au lendemain de la Révolution de Février 1848.
Sur ce personnage, et les sociétés secrètes dans lesquelles il avait milité, cf. : « Marx sur les sociétés secrètes d'avant 1848 »
http://merlerene.canalblog.com/archives/2014/08/25/31950897.html

 

Les_conspirateurs_(12e_éd_)_[