Je consultais il y a peu, sur le site officiel du Parti socialiste, la liste des candidats investis aux élections législatives par le Parti. Naturellement, je vais voir quels sont les candidats pour la région où je réside, notre région PACA (comme on dit en dialecte technocratique).

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Et je vois dans la deuxième circonscription des Alpes de Haute-Provence le député sortant, Christophe Castaner, maire de Forcalquier.
Un nom qui m’était familier, d’une part parce que des initiatives de Forcalquier avaient soutenu notre action de l’Association 1851, d’autre part et surtout parce que M. Castaner menait la liste socialiste aux dernières élections régionales.
Il avait accepté de porter les couleurs de toute la gauche au second tour, afin de refuser le face à face mortifère entre M. Sarkozy et Mme Maréchal Le Pen. Il avait de vraies chances dans la triangulaire, mais il s’est désisté au dernier moment, laissant ses électeurs dans le désarroi, le choix entre le bulletin blanc ou le vote Estrosi.
Mais pourquoi donc, me direz-vous, parler ici de M. Castaner ?
Eh bien voilà.
Samedi après-midi, nous avons fait quelques achats en famille dans Toulon, où nous avons croisé une forte équipe de distributeurs de tracts pour M. Mélenchon. Des têtes qui m’étaient inconnues, signe d’un renouvellement militant sur la place, et d’un fort désir de gagne.
De retour à 16 h. j’ai allumé la télé pour regarder sur BFMTV le début du meeting de M. Macron, au Zénith. Le Zénith est à deux pas de chez moi, mais je n’avais pas fait le déplacement. Non que j’ai pu être effrayé par les nostalgiques de l’Algérie française qui stationnaient devant l’entrée pour dire leur fait à M. Macron. Mais tout simplement parce que je ne voulais pas cautionner une bulle médiatique ni droite ni gauche, ou à droite et à gauche, on ne sait plus.
Et qui vois-je arpenter la tribune micro en main, comme chauffeur de salle, et soutien affirmé du candidat : Christophe Castaner, député socialiste…
Je me suis dit qu’il devait s’agir d’un hologramme, en mauvaise plaisanterie. Mais non, vérification faite, c’était bien lui.
Dois-je en conclure qu’une partie des cadres socialistes, désespérant de la victoire de M. Hamon, ont d’ores et déjà rallié la nef qu’ils pensent être celle de la victoire, en songeant aux opportunités électorales et ministérielles qu’elle pourrait leur offrir ?
Quelle tristesse…
Je n’ose pas imaginer que M. Hamon, qui porte dorénavant les espérances de renouvellement d’une partie de la jeunesse, cautionne un tel opportunisme. Si c’était le cas, en voulant, pour mieux asseoir son socle électoral, cautionner les ambitions de la droite du PS, il risquerait fort d’y laisser des plumes, en amont et en aval de l’élection.