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Un mot d’abord sur Bone Tomahawk, (S. Craig Zahler, 2015), film indépendant linéaire qui conte l’enlèvement de quelques habitants d’une petite localité par d’étranges Indiens, la poursuite pour les libérer et la très gore libération finale.
Le cinéma étatsunien avait mis longtemps voir enfin dans l’Indien la victime d’une conquête injuste, et non plus l’ennemi haïssable.
Ici pas de rédemption, ces Indiens troglodytes et surtout cannibales, créatures des ténèbres, quasi mythologiques dans leur nudité peinte, représentent l’altérité et le mal absolu. Mais sommes-nous encore dans le domaine de l’histoire, plus ou moins réelle, ou dans le fantasme absolu du film d’horreur ?

 

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Et maintenant Tarantino, (qu’on ne présente plus), avec Les huit salopards, The Hateful Eight, 2015

 

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Non, je ne l’ai pas vu hélas, comme il le préconise, son film en plans larges dans le révolu Ultra Panavision 70, mais quand même s’imposaient sur mon écran télé les immensités glacées du Wyoming…

 

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La diligence pour Red Rock, bloquée par un épouvantable blizzard, doit faire halte dans un relais mercerie. Ses quatre passagers, deux chasseurs de primes, (dont un noir, ancien soldat nordiste, destinataire d’une lettre de Lincoln !), un sheriff ex soldat sudiste spécialisé dans le massacre de noirs, et une chef de gang meurtrière promise à la pendaison. Minnie, la propriétaire, est absente ainsi que son mari. C’est leur homme de peine mexicain qui accueille les voyageurs. Ils rencontrent à l’intérieur du relais un vieux général sudiste, un cow boy  et un bourreau professionnel.
Dans l’évocation des grands espaces ou dans le suspense du huis clos meurtrier, en digne adepte du western spaghetti (c’est d’ailleurs Ennio Morricone qui est responsable de la bande sonore) Tarantino déploie tout son goût de la violence, son plaisir du dialogue, sa philosophie du mal inhérent à tout être humain…
On peut se détourner immédiatement, ou suivre avec un plaisir enfantin (ce fut mon cas, je l'avoue).

 

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