Unknown

La Pythie de Delphes

J’ai donc replongé avant-hier, avec l’an 1923, dans une histoire qui beaucoup de nos contemporains, les jeunes au premier chef, n’est plus que lettre morte.
Je citais dans un récent billet ce dire de Sar la chamane du roman de Pascal Quignard, Les Larmes : « plus rien n'entoure mes oreilles que des voix disparues ».
Belle occasion de revenir sur l’obsession historique dont semble témoigner ce blog.

Barrès, qui n’est certes pas ma tasse de thé, mais dont je partage d’une certaine façon son rapport à ceux qui nous ont précédés, Barrès donc aimait rappeler que « l'oracle de Delphes conseilla aux démocrates mégariens de faire entrer dans le nombre souverain tous leurs ancêtres, de telle façon que la génération vivante se considéra toujours comme la minorité. »
Je pense que l’oracle avait raison.
Cependant, remarquons-le bien, à la différence de Sar la Chamane, enclose dans un passé sans issue, la présence des morts ne paralyse en rien le présent, elle le conditionne certes, mais elle le fertilise aussi d’attitudes et d’actions qui ne sont pas seulement des résurgences.
J’en conviens, ce propos fera sourire ceux, (ils sont légion par ce temps de dés/historiation), qui, dans l’hédonisme présent, pensent que nous n’avons que faire du passé.
Qu’on vienne pas non plus me mettre dans les pattes le célèbre vers de l’Internationale [1]: « Du passé faisons table rase… », car il s’agissait très concrètement pour le Communard Pottier de liquider un passé de servitude, et non pas de l’oublier…

[1] « Pottier, L’Internationale – 1871-1887 »
http://merlerene.canalblog.com/archives/2014/08/18/30475198.html

Sur Pottiers, cf. la catégorie :
http://merlerene.canalblog.com/archives/chansonniers_revolutionnaires_et_revoltes/index.html