Predicat, du latin praedicatum (attribut), de praedicare (proclamer, prêcher)

Je suis l’enfant d’un couple d’instituteurs, formatés pour amener au français correct les jeunes Provençaux d'un temps où l’on entendait encore dans le peuple (sociologique) des formulations comme « je suis été malade » (décalque direct du très correct provençal « sieu estat malaut », structure que l’on rencontre dans d’autres parlers hérités du latin, (« he estado enfermo » en espagnol, « sono stato male » en italien, langues que nos instituteurs d’antan ignoraient pour la plupart) ?

Mais baste, ces temps sont révolus, et les enfants du peuple ont depuis longtemps intégré la « bonne » norme langagière.
Ce n’est donc pas de ce point d’histoire que je veux vous entretenir à propos de mes parents.

En fait, je soupçonne ma mère de m’avoir quotidiennement répété ses mantras pendant la gestation, ce qui fait qu’à la naissance je possédais parfaitement la règle de l’accord du participe passé, tout comme la différence entre le complément direct d’objet, le complément d’objet indirect, le complément d’attribution.
Vous le direz que, dans la mesure où l’on parle français, peu importe de savoir ce que sont le COD, le COI et le COA, puisque nous les employons spontanément, et qu’il serait quelque peu scolastique de martyriser nos chers enfants, « de souche » ou « de l’immigration » avec de telles bagatelles. Pas besoin de cela pour apprendre une langue que l’on parle déjà…
Eh bien, rassurez-vous, la question vient d’être réglée avec le réintroduction officielle de l’antique notion de « prédicat ». Vous avez dorénavant à considérer (et à enseigner) que dans toute phrase simple, il y a un sujet, et un prédicat, c’est-à-dire toute ce que l’on dit du sujet (verbe et compléments). Pour nos cousins québécois, depuis longtemps addicts, le prédicat c’est la fonction du groupe verbal.
Ainsi dans la phrase « René Merle a été abasourdi par la récente réforme », « René Merle » est le sujet, et tout le reste est le prédicat. Bref le prédicat est tout ce qui n’est pas le sujet.

Voilà qui nous change des étiquettes précédentes de décomposition grammaticales. Mais je ne peux m’empêcher de penser que, sous une apparence simplificatrice et pédante, ce retour au prédicat est un singulier appauvrissement dans la généralisation de la bien nommée « insécurité linguistique ».