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Le 2 décembre 2013, au lendemain du grand cortège parisien Front de Gauche – Mélenchon contre l’austérité (1er décembre), j’écrivais un billet dans lequel je regrettais l’absence de drapeaux tricolores dans les rangs des manifestants, où fleurissaient les drapeaux rouges. Je vous y renvoie :
« Histoire de drapeaux »
http://merlerene.canalblog.com/archives/2014/08/08/31920758.html

Ce n’est donc pas moi qui me plaindrais d’avoir vu une floraison de drapeaux tricolores dans la foule marseillaise du récent meeting de Mélenchon, encore que je puisse regretter que, dans un souci électoraliste, le rouge ait disparu, hormis dans quelques groupes réduits du PCF.
Je n’ai pas jusqu’à présent fait état de mes états d’âme en ce qui concerne le choix du bulletin, et je doute que mon choix puisse intéresser, en dehors de mes quelques amis. Mais je peux dire aujourd’hui que ce choix est fait, et qu’il est directement lié à cette histoire de drapeaux. Dans le tombereau d’attaques que l’on a déversées de tous côtés ces derniers jours sur le candidat Mélenchon, la plus ordinaire était celle de « souverainiste », et, dans ce cadre, la plus inattendue   inattendue était celle de « patriote », comme si ce mot devait être le seul apanage de Mme Le Pen. Je n’en veux pour preuve que l’assez hallucinante affiche du candidat Hamon.

 

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« Patriote » serait donc devenu un vilain mot, antithétique de « Socialiste », et le drapeau tricolore un triste oripeau ? Je n’ai aucune illusion sur l’usage qu’en ont fait les réactionnaires, les nationalistes, les bellicistes, les colonialistes, les bourreaux de la Commune, les Ligueurs de 1934, et les disciples du Maréchal Pétain. Mais je ne peux oublier qu’il a été la drapeau de notre grande Révolution, comme il a été celui la Résistance au nazisme et au fascisme. Je voterai donc Mélenchon, sans pour autant adhérer à la personnalité et à une bonne partie du programme, mais parce que j’y vois un vote utile au service du vrai patriotisme, qui n’a rien à voir avec le nationalisme. J’y vois la possibilité de donner une bonne claque à ceux qui, par la voie parlementaire, ont annulé le vote majeur des citoyens français contre le projet de constitution européenne. Et brandir le drapeau français en refusant la Constitution européenne n’était en rien un repliement stérile sur l’hexagone, mais le désir de voir la France jouer son rôle de nation souveraine dans une Europe qui ne serait plus celle des Marchés.