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Je relis des articles de Marx publiés dans le New York Daily Tribune. Vaste tour de l'actualité européenne et mondiale des années 1850.
Mais « quel rapport avec notre monde actuel ? », me dit ma conscience inquiète, « Et puisque Marx il y a, ne ferais-tu pas mieux de te plonger dans les Grundrisse et dans Le Capital, et réviser ton point de vue sur la théorie de la Valeur ? »
Certes. Mes neurones fatiguent avec le grand âge, mais je n'y manquerai pas...
En attendant, voici quand même deux extraits de la prose américaine de Marx, (prose alimentaire, car elle était sa seule ressource, mais prose sincère et éclairante).

On pourrait dédier le premier à nos amis socialistes "réformateurs modérés", qui se jettent dans les bras de M. Macron, après avoir gouverné sous l’égide du social-libéralisme, et naturellement on pourrait le dédier à M. Macron  :
- 23 mars 1855 - Marx dit du réformiste espagnol Martinez de la Rosa : un moderado par excellence, [...] il s'est révélé à toutes les époques un vrai adepte de l'école doctrinale des Guizot, dont la modération consiste dans leur idée fixe selon laquelle les concessions faites à la masse des hommes ne peuvent jamais être de nature trop modérée. Ils se passionnent pour la création d'une aristocratie libérale et le règne suprême de la bourgeoisie empreint du plus grand nombre d'abus et de traditions de l'Ancien régime

On pourrait dédier le second à nos amis grecs de Syriza, et à leur capitulation devant les exigences européennes, comme on pourrait le dédier à ceux, disciples à leur façon de Chavez, qui d’Espagne à l’Italie, en passant évidemment par la France, offrent au peuple la voie de l’espoir, à grands coups de plan A et de plan B. Bons disciples, cachés ou proclamés, d’un Mitterand, qui, au congrès d’Épinay, promettait de renverser le capitalisme [voir sur ce blog la catégorie « Mitterand »].

- 16 septembre 1854.  Voilà le cercle vicieux dans lequel des gouvernements révolutionnaires immatures sont condamnés à se mouvoir. Ils reconnaissent les dettes contractées par leurs prédécesseurs contre-révolutionnaires comme des obligations nationales. Pour être en mesure de les payer, ils doivent conserver leurs anciens impôts et faire de nouvelles dettes. Pour pouvoir contracter de nouveaux emprunts, ils doivent donner des garanties d'"ordre", autrement dit prendre eux-mêmes des mesures contre-révolutionnaires. Ainsi le nouveau gouvernement populaire se transforme soudain en serviteur des gros capitalistes et en oppresseur du peuple. C'est exactement de cette façon que le gouvernement provisoire de la France en 1848 fut amené à recourir à l'impôt des quarante-cinq centimes et à confisquer des fonds de caisse d'épargne pour payer les intérêts aux capitalistes.