En cette veille de Présidentielle, où deux candidats (MM. Hamon et Mélenchon) se réclament ouvertement de François Mitterrand, et où un troisième inscrit son ambiguïté dans la même référence (M. Macron), comment ne pas rappeler que les mots se laissent dire, et que, comme plaisantait le très radical (socialiste) Henri Queuille, « les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ».
Et je reviens encore une fois sur le discours que prononça François Mitterrand au Congrès d’unification socialiste d’Épinay-sur-Seine, 13 juin 1971) :

Réforme ou révolution ? J'ai envie de dire - qu'on ne m'accuse pas de démagogie, ce serait facile dans ce congrès - oui, révolution. Et je voudrais tout de suite préciser, parce que je ne veux pas mentir à ma pensée profonde, que pour moi, sans jouer sur les mots, la lutte de chaque jour pour la réforme catégorique des structures peut être de nature révolutionnaire.
Mais ce que je viens de dire pourrait être un alibi si je n'ajoutais pas une deuxième phrase : violente ou pacifique, la révolution c'est d'abord une rupture. Celui qui n'accepte pas la rupture - la méthode, cela passe ensuite -, celui qui ne consent pas à la rupture avec l'ordre établi, politique, cela va de soi, c'est secondaire..., avec la société capitaliste, celui-là, je le dis, il ne peut pas être adhérent du Parti socialiste."

On connaît la suite…

Il n’est pas impossible de juger des programmes actuels des disciples de Mitterrand à l’aune de cette acrobatie politique qui l’amènera au pouvoir, puis au reniement…
Que ceci ne vous empêche pas de voter, car il faut voter, mais pas dans l’illusion qu’une élection, à elle seule, peut changer la donne.
La donne change avec la vraie intervention populaire. Souvenez-vous que les conquêtes sociales de 1936 n’étaient pas au programme électoral du Front populaire, mais qu’elles furent acquises au lendemain de la victoire électorale par la vague de grèves avec occupation des usines.
Souvenez-vous aussi que les conquêtes politiques et sociales de 1981 étaient bien inscrites dans le programme électoral dit Programme commun (PS, PC, radicaux), mais qu’elles furent bien vite oubliées faute d’intervention populaire...
Votons donc, mais faisons en sorte qu'après l'élections, les mots n'auront pas été que promesses mortes.