Qu’adviendra-t-il ?

À quelques jours de second tour de l’élection présidentielle, je relis un billet que j’avais placé sur un de mes précédents blogs le 14 octobre 2011, en perspective de la campagne électorale de 2012 :

« Alors que tout semble suspendu aux grandes manœuvres électorales, et à leur horizon 2012, alors que l’entreprise collective semble se résoudre dans le face à face avec le bavard débat télévisé, et à la démarche individuelle de passer par l’isoloir, qu’en est-il des mouvements profonds et imprévisibles qui mûrissent dans notre société malade ? D’aucuns, à l’extrême droite hélas, sont plus qu’à l’écoute de ce que semblent à jamais ignorer nos postulant/e/s au poste suprême.
Mais relisons La Bruyère - Les Caractères (« Du souverain ou de la république »)
« Quand le peuple est en mouvement, on ne comprend pas par où le calme peut y rentrer ; et quand il est paisible, on ne voit pas par où le calme peut en sortir. »

En fait le mouvement imprévisible que j’envisageais ne s’est pas produit pendant les cinq ans de chloroforme Hollande, et l’anesthésié ne s’est réveillé qu’en 2016, au moment de la loi El Khomri. Mais il était trop faible pour transformer ce réveil en secousse… Et pendant ce temps le Front National progressait encore. Au-delà de cette progression électorale, d’autres signes ont pu annoncer une secousse qui n’était pas celle qu’aurait espéré une gauche enfermée dans ses outils d’analyse : celle des Bonnets Rouges bretons. Mais baste, là encore le feu est retombé…

Mais que les choses sont compliquées en définitive ! Nul ne sait ce qu’il sortira de la récupération « sociale » par le FN de la colère des « Petits ». Une étincelle peut enflammer le brasier alors qu’elle semblait a priori servir les adversaires du progrès.

 

Grenobletuiles

La Journée des Tuiles, Tableau d’Alexandre Debelle

Je pense souvent à cette journée des Tuiles, cette insurrection populaire grenobloise du 7 juin 1788 que les historiens ont posée plus tard en prologue de la Révolution. Mais bien des contemporains disciples des Lumières avaient vu avec consternation le petit peuple prendre fait et cause pour la fronde parlementaire, qui ne défendait que les intérêts des nantis… Un an après, la Bastille tombait. Et les privilégiés pouvaient commencer à trembler...