En attendant la suite des élections, je ne vaticine pas, mais j’écoute de la musique (en puisant dans mon blog et dans les vastes ressources de Youtube).

Voici, dédié à la Troïka, Os Vampiros : le chanteur-compositeur Jose Afonso (Zeca) [1929-1987] écrivit cette chanson en 1958, alors que le régime salazariste tentait de se donner une façade d'ouverture en autorisant, bien formellement, une candidature d'opposition à l'élection présidentielle. Il la diffusera courageusement à partir de 1963, et l'on peut dire qu'avec Grandôla qui devint la chanson de la Révolution des Œillets, Os vampiros fut métaphoriquement la chanson de résistance au fascisme portugais la plus connue et la plus efficace. Il est significatif qu'elle revienne aujourd'hui sur les bouches des manifestants dont les immenses cortèges stigmatisent la politique d'austérité gouvernementale imposée par l'Europe du fric et sa Troïka. 

 

José Afonso - Os Vampiros (ao vivo no Coliseu)

 

OS VAMPIROS - LES VAMPIRES

No céu cinzento

Sob o astro mudo

Batendo as asas

Pela noite calada

Vem em bandos

Com pés veludo

Chupar o sangue

Fresco da manada

 

Dans le ciel gris, sous l'astre muet (taciturne)

Battant de leurs ailes le silence de la nuit

Ils viennent en bandes avec des pieds de velours

Pour sucer le sang frais du troupeau.

 

Eles comem tudo

Eles comem tudo

Eles comem tudo

E não deixam nada

 

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien.

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien.

 

A toda a parte

Chegam os vampiros

Poisam nos prédios

Poisam nas calçadas

Trazem no ventre

Despojos antigos

Mas nada os prende

Às vidas acabadas

 

Les vampires arrivent de partout

Ils se posent sur les maisons et sur les chaussées

Ils portent dans leur ventre de très anciens restes

Rien ne les relie à ces vies brisées.

 

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien.

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien.

 

Se alguém se engana

Com seu ar sisudo

E lhes franqueia

As portas à chegada

Eles comem tudo

Eles comem tudo

Eles comem tudo

E não deixam nada

 

Il y en a qui se fient à leur aspect sérieux

Et quand ils arrivent leur ouvrent leur porte.

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien.

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien.

 

No chão do medo

Tombam os vencidos

Ouvem-se os gritos

Na noite abafada

Jazem nos fossos

Vítimas dum credo

E não se esgota

O sangue da manada

 

Les vaincus tombent à terre apeurés

On entend leurs cris dans la nuit étouffée

Dans les fossés, gisent les victimes d'une idée

Et du sang du troupeau, jamais ils n'ont assez.

 

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien.

Ils mangent tout, ils mangent tout

Ils mangent tout et ne laissent rien.

 

São os mordomos

Do universo todo

Senhores à força

Mandadores sem lei

Enchem as tulhas

Bebem vinho novo

Dançam a ronda

No pinhal do rei

 

Ce sont les maîtres de tout l'Univers

Seigneurs par la force, dominateurs sans lois.

Ils s'emplissent de blé et boivent le vin nouveau

Ils dansent en rond dans la pinède du roi.

 

Zeca Afonso - Os Vampiros "Eles Comem Tudo" (Original)