En attendant la suite des élections, je ne vaticine pas, mais j’écoute de la musique (en puisant dans mon blog et dans les vastes ressources de Youtube).

Farewell To the Rhondda - The New Barleycorn

En classant mes vieux disques irlandais, j’ai réécouté avec plaisir Farewell to the Rhondda, par The New Barleycorn.
Question : que vient faire The Rhondda dans un disque irlandais, puisqu’il s’agit de deux anciennes vallées minières du Pays de Galles ? Tous simplement parce que cette terre d’immigration (anglaise, écossaise, italienne) a accueilli aussi pas mal de travailleurs irlandais.
Les paroles anglaises qui s’inscrivent sur l’écran disent les mines qui ferment, et le départ inévitable vers l’Angleterre pour chercher un autre travail…
Oui, les mines ferment, mais The Rhondda demeure dans la mémoire progressiste britannique comme un phare de conscientisation.
Seize localités ouvrières bâties autour de la rivière Rhondda ont engendré une très forte conscience communautaire, marquée par des spécificités très fortes : les célèbres chœurs d’hommes, la pratique d’un rugby populaire rugueux, qui n’était pas celui de la gentry universitaire anglaise, un non conformisme religieux qui implanta le baptisme. Et, au plan syndical, une très forte tradition de lutte, dont la grande grève de 1926 (trahie par la direction nationale tradeunioniste) fut un point fort. Ajoutons que The Rhondda fut un des berceaux du Parti communiste britannique, qu’il fournit nombre de brigadistes à l’Espagne républicaine, et qu’il ne se démentit pas de sa tradition d’antifascisme : la British Union of Fascists, qui tenta d’y tenir meeting en 1936 en sut quelque chose, quand la protection de la police ne put empêcher la foule ouvrière de lui donner la leçon méritée.
Rappelons tout cela, non pour le classer dans le paradis si peuplé des causes perdues, mais pour y puiser quelques leçons d’optimisme et de combativité.