En attendant la suite des élections, je ne vaticine pas, mais j’écoute de la musique (en puisant dans mon blog et dans les vastes ressources de Youtube)
Ici, El testament d’Amèlia, traditionnel catalan.

Joan Manuel Serrat - El testament d'Amèlia.

Je donne ici les paroles chantées par Serrat, (et je les accompagne d'une traduction littérale). Elles diffèrent quelque peu du texte complet tel que les folkloristes catalans de la fin du XIXe l'ont restitué dans le bouillonnement de la renaissance culture et politique catalane, qui initia une ample recension de chansons traditionnelles.
Le propos de Serrat était quelque peu différent. Dans la révélation des seules toutes premières strophes, il voulait condenser pour son public de 1980 la vérité de ce si beau, mais si déchirant, "Testament d'Amèlia", sans s'embarrasser de la suite.
Faut-il préciser que Joan Manuel Serrat (Barcelona, 1943), grandi et mûri sous le franquisme, a été un des initiateurs de la "Nova Cançó" catalana, arme de conscientisation contre le régime. Mais ses prises de positions catalanistes démocratiques, qui finalement lui valurent l'exil, n'étaient en rien un rejet de la langue et de la culture espagnoles, qu'il a toujours défendues et promues, sans les confondre avec l'utilisation qu'en firent et qu'en font les franquistes et leurs héritiers. Ceci mérite sans doute d'être rappelé dans le climat catalan actuel.

El Testament D'Amèlia

L'(N') Amèlia està malalta,
la filla del bon rei.
Comtes la van a veure.
Comtes i noble gent.

Amélie est malade,
la fille du bon roi.
Les comtes viennent la voir
Comtes et nobles gens

Ai, que el meu cor se'm nua
com un pom de clavells.

Ah, que (car, combien) mon cœur s’en noue (se serre)
comme une poignée (un bouquet) d’œillets

Filla, la meva filla,
de quin mal us queixeu?
El mal que jo tinc, mare,
bé prou que me'l sabeu.

Fille, ma fille,
de quel mal vous plaigniez vous ?
Le mal que tiens (que j’ai, dont je souffre), mère,
bien mieux que moi vous le savez.

Filla, la meva filla,
d'això us confessareu.
Quan sereu confessada
el testament fareu.

Fille, ma fille,
de cela vous vous confessere.
Quand vous serez confessée
le (votre) testament vous ferez.

Un castell deixo als pobres
perquè resin a Déu.
Quatre al meu germà en Carles.
Dos a la Mare de Déu.

Un château je laisse aux pauvres
afin (ou : parce que) qu’ils prient Dieu.
Quatre à mon frère Charles.
Deux à la mère de Dieu.

I a vós, la meva mare,
us deixo el marit meu
perquè el tingueu en cambra
com fa molt temps que feu.

Et à vous, ma mère,
je vous laisse mon mari
car vous le gardez (recevez) en (dans votre) chambre
Comme vous le faites depuis longtemps