Chaqueño Palavecino - La Felipe Varela

 

Felipe Varela viene  
por los cerros de Tacuil  
el valle lo espera y tiene  
un corazón y un fusil  

Se acercan los montoneros,  
que a Salta quieren tomar  
no saben que, en los senderos,  
valientes sólo han de hallar.  

Galopa en el horizonte, 
tras muerte y polvadera 
porque Felipe Varela 
matando llega y se va. 

Mañana del diez de Octubre, 
de sangre por culpa de él: 
entre ayes al cielo sube 
todo el valor por vencer. 

Ya se va la montonera, 
rumbo a Jujuy esta vez 
la echarán a la frontera: 
de allá no podrá volver. 

 

De magnifiques chansons populaires d’antan peuvent être porteuses d’une idéologie et d’un engagement réactionnaires.
En témoigne par exemple la très belle complainte napolitaine que j’avais placée sur ce blog il y a quelques années, « Le chant des Sanfédistes » :
http://merlerene.canalblog.com/archives/2014/12/09/31045022.html
Je me retrouve dans le même écartèlement en écoutant une des plus populaires zambas argentines, « La Felipe Varela ». Considérée désormais comme un traditionnel, cette Zamba date pourtant seulement de 1956 (José Ríos, Juan Botelli).
La musique me porte, mais les énergiques paroles trahissent l’histoire. La révolte de Varela et sa montonera (montoneros :guerrilleros) [1] est présentée en épopée, mais une épopée de tueurs dont la défaite fut un soulagement.

Dans l’histoire tourmentée de la République argentine, l’insurrection fédéraliste [1866-1867] menée par Felipe Varela [1821-1870] dans le Nord-Est argentin a été longtemps stigmatisée par l’idéologie officielle. C’est seulement récemment, avec la Présidente néo-péroniste progressiste Cristina Fernández de Kirchner qu’a été officiellement réhabilitée la mémoire de ce propriétaire terrien qui, par double patriotisme (fédéral et pan latino-américain), leva de maigres troupes contre le pouvoir central, soumis aux intérêts du capital britannique, et s’opposa à l’inique guerre de coalition (Argentine, Brésil, Uruguay) menée contre un Paraguay par trop indépendant et rétif aux intérêts britanniques. 

[1] Le nom de Montoneros fut repris par l’organisation de la gauche peroniste qui mena la lutte armée contre la première dictature, entre 1970 et 1973, puis, après une phase d’action légale, fut déclarée illégale à la fin du péronisme. Sa résistance fut tragiquement brisée par la répression sous la dictature du général Videla, à partir de 1976.