colporteur

 

L'été va vers sa fin. Et dans sa touffeur, les nouvelles des cinq continents m'ont fait mesurer, plus que jamais, ce que la violence inhérente à l'Homme (mâle ?) peut devenir quand elle est exacerbée par les antagonismes de castes (voir l’Inde), de "races", d'ethnies résurgentes ou fracassées, de religions quand elle se veulent dominatrices et totalitaires. Le tout dans la logique cynique des intérêts capitalistes et l'affrontement des Empires (un dangereux incontrôlable aux manettes du plus puissant !). Tristesse et indignation me semblent bien dérisoires devant cette marche vers le chaos d'un nouveau Moyen-Âge, que nos médias ont exorcisé à grands coups d'images de plages alléchantes, de campings conviviaux, de bouchons autoroutiers, sans parler de Neymar et de la Première Dame....
Mais venons-en à l'Hexagone... En ce jour de reprise d'activité "normale" du blog, je vous ferai grâce de la politique, et de mes considérations sur le désamour essuyé par notre Président. Si vous reprenez mes billets publiés au moment de l'élection, vous verrez que je ne me faisais aucune illusion sur ce Rastignac. Il était porté au premier tour par une partie des couches moyennes, qui se retrouvaient dans son déni de la politique, son énergie entrepreneuriale, et son cocktail de transfuges PS-LR. Des lecteurs m'ont alors écrit que je lui faisais un procès d'intentions. Qu'en pensent-ils aujourd'hui ?

Élu seulement par refus du FN, M. Macron a feint de croire que tous ses électeurs du second tour approuvaient son programme. Sans doute pas, mais ils lui laissaient le bénéfice du doute. Aujourd’hui, hormis le quarteron des énamourés, les yeux se commencent à se dessiller, non seulement sur sa personnalité autoritaire et sa propension au déguisement militaire ou sportif, mais encore et surtout sur ses soi-disant « réformes ». 
Dans le droit fil des précédentes présidences, mais avec plus d’astuce (la fierté nationale !) et de brutalité (ordonnances), ce ne sont que des mesures conformes aux feuilles de route de la Commission européenne et du MEDEF… Préparons-nous aux ripostes défensives nécessaires. Mais dans l’interrogation (sans illusions ?) sur la relève possible dans la construction d’un véritable front de gouvernement. 
Je n'en dirai pas plus et vous renvoie, non pas aux chiens de garde attitrés des médias dominants [1], mais à l’abondance de bons sites et blogs économiques, sociaux, politiques, qui vous décortiqueront cela mieux que je ne pourrais le faire.  Ce qui m’évitera la posture du blogueur mouche du coche, qui sait tout et tranche de tout. 

De quoi parler alors ? De transhumance d'été ? Certes non, car je n'ai "fait" ni la Sardaigne ni l'Écosse, et encore moins le Tadjikistan. Pas la moindre croisière sur la Volga, le Danube ou en Antarctique. Pas de tour de la Méditerranée avec Costa... Pour des raisons diverses, je n'ai pas quitté ma localité, et une bonne partie de mes loisirs ont été la lecture et le cinéma.
J'entamerai donc cette reprise par quelques échos de cette sédentarité, et justifier ainsi l'intitulé de ce blog, "Lectures et réflexions"… Je peux ajouter cinéma.
De cinéma, il y a eu beaucoup, moins en salle qu'en vidéo à la demande : le plaisir de voir de nouveaux films et celui de retrouver des anciens, de toutes sortes et de tous registres : de John Huston à Scola, les Coen et Jacques Audiard, j'en passe et non des moindres. Je parlerai que de quelques  uns qui m'ont fait voyager dans l'espace et dans le temps, faute de voyager "pour de bon".
Ajoutons côté Télé quelques documentaires historiques qui secouent. 
Et côté lecture ? Des romans (plus étrangers que français) et pas mal d'essais, anciens souvent. Des premiers, je suis en train de digérer les résonances, assez personnelles, et je n'en dirai pas plus pour le moment. Mais je donnerai quelques citations des seconds, en vous incitant évidemment à vous reporter aux ouvrages...  
Je réserve pour mon blog linguistiques le constat mélancolique de la distorsion entre l'abondance de lectures possibles et l'érosion définitive de la langue d'Oc dans la réalité populaire, qui fut jadis son socle fondamental. À se demander si j'ai eu raison de consacrer à ce sujet tant de temps et d'énergie, quand la Cause est devenue essentiellement, faute de mieux, un supplément d’âme (petit-bourgeois ?) et une militance pédagogique... 

En vous souhaitant une bonne reprise, et déjà la santé pour vous et vos proches...

[1] « Chiens de garde » : en reprenant l’expression à Nizan et Halimi, je ne vise en rien les journalistes qui font honnêtement, et souvent avec passion, leur travail factuel et souvent d’investigation. Mais je pense à quelques-uns de ces éternels invités des débats télévisés qui ne tiennent leur légitimité que d’être clairement les thuriféraires du libéralisme à la sauce austérité. L’égo surdimensionné de certains les pousse d’ailleurs à jouer l’égérie du Calife dans leurs commentaires, voire à prendre sa place.