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Devant l’afflux sans cesse croissant de migrants subsahariens, notre Président a préconisé en août la création de camps de tri (« Hotspots » dans son franglais) en Lybie, (principal lieu de passage migratoire), avant de se raviser devant le chaos sanglant dont le pays est loin d’être sorti. En désespoir de cause, il a ensuite proposé, il y a peu, le report de ces "hotspots" vers le Niger et le Tchad. Sans succès. Le problème demeure entier.
Faut-il rappeler que ce chaos lybien est né de l’intervention militaire initialement franco-britannique de 2011, qui, présentée comme humanitaire (zone d’exclusion aérienne empêchant la prise de Benghazi par l’armée libyenne), s’est transformée en opération de guerre de l'OTAN visant la mise à bas et à mort du régime de Kadhafi (que le président Sarkozy avait invité pour le 14 juillet 2007 !). On connaît la suite : la Lybie explosée, la porte du Sahel grande ouverte aux fanatiques islamistes, le déferlement du flux migratoire…
On attend toujours la reconnaissance de la faute, par ceux qui ont initié l’intervention (le Président Sarkozy et son mentor BHL), comme par ceux qui ont soutenu sa prolongation désastreuse : les parlementaires de la droite et du Parti socialiste, fidèles à leur interventionnisme atlantiste « droitsdel’hommiste ». De son côté J.L.Mélenchon, fidèle lui à la tradition « guesdiste » patriotique, approuva initialement l’intervention comme « conforme aux intérêts de la France »… Après quelques hésitations de style mélenchonien, le PCF la condamna, ainsi que la plupart des écologistes (mais pas tous, et non des moindres, comme l'actuel président de l'Assemblée nationale).
Que dire ? L’erreur est humaine, mais, à défaut de mea culpa, elle implique à tout le moins que l’on reconnaisse s’être trompé. Force est de constater qu'il n'en est rien.
La plupart de ces politiques, de droite comme de gauche, sont incapables de reconnaître leurs cécités antérieures à l'heure de choix décisifs. Ils nuisent ainsi gravement à leur crédibilité dans les engagements du présent. Je ne peux m’empêcher de penser que de tels errements les dépouillent de toute aura qui les distinguerait de nous, pauvres hommes. Le Roi est nu. « Ni Dieux, ni maîtres », nos vieux anarchistes l'avaient si souvent proclamé ! Et je fais mien ce propos d’une grande banalité : sauf rares exceptions (où ils se hissent à la hauteur de leurs responsabilités, cf. Chirac Villepin lors de la seconde guerre d'Irak), nos représentants, nos dirigeants ne restent que des hommes, de pauvres hommes eux aussi, auxquels nous aurions bien tort d'attribuer aveuglément boussole et clairvoyance en dehors des jeux de la politique politicienne, alors que notre sort est entre leurs mains...