Avec le groupusculaire Front de Gauche, paix à son âme, le PCF a porté sur les fonds baptismaux un ex ministre et sa vieille garde en rupture de ban PS, en espérant qu’il réchaufferait une âme protestataire en déshérence. Pari accompli. Les presque 20% de J.L.Mélenchon aux Présidentielles (dont mon suffrage) ridiculisent les mini-scores électoraux du PCF. Et la jeune garde de la France Insoumise attire toute notre sympathie.

Mais tel le coucou, le désormais Líder maximo s’est empressé de pondre ses œufs dans des nids socialistes et écologistes qui n’étaient pas les siens. Il renvoie maintenant au néant ses anciens alliés et crache sur les Hamonistes, pour prétendre à l’hégémonie oppositionnelle, sans véritable support populaire majoritaire, sans avoir conquis l’hégémonie idéologique que Gramsci avait si bien pointée. On frémit en pensant aux expériences chiliennes, vénézuéliennes, et plus près de nous à l’expérience grecque, qui ont dramatiquement sous estimé les forces de résistances intérieures et extérieures, avec le tragique résultat que l’on sait.

J.-L.Mélenchon persiste et signe. Aujourd’hui, il humilie le PCF en ignorant la Fête de l’Huma qu’il avait si souvent squattée. Quelle tristesse ! Comme le dit le proverbe latin : « quos vult Jupiter perdere dementat prius » ("Jupiter aveugle d’abord ceux qu’il veut perdre" ou encore "leur ôte la raison" "leur ôte l'esprit").

Voilà un billet qui ne fera pas plaisir à mes amis, et m’en fera perdre quelques-uns, mais, comme on dit en provençal, « fa de ben de s’espurgar ».