Ludovic Marin AFR

Ludovis Marin - AFP

Roman national...

J’en parlais récemment dans un billet consacré au livre de Suzanne Citron :
Lecture d'été « le Mythe national » de Suzanne Citron.
Eh bien, notre Président n’a pas tardé hier, à Villers-Cotterêts à l’occasion de la Journée du Patrimoine, à illustrer sa conception de ce roman national qu’il préconise.
Passons sur l’ignorance lamentable qui lui a fait considérer l’ordonnance de Villers-Cotterêts (1539), imposant l’usage du français dans les décisions de justice et documents officiels en lieu et place du latin, comme une ordonnance imposant l’oralité française à tous les sujets. La rafale de commentaires des historiens, indignés et ironiques, n’a pas tardé à dénoncer la bévue.
Mais en fait, en anticipant dans son raccourci stupide l’imposition du français national (le français n’a vraiment été promu national que par la grande Révolution, et n’a vraiment été parlé par tous les Français qu’à la fin du XIXe siècle), la bévue montrait quelle conception on se fait en haut lieu de la réalité française, passée et présente. La « francitude » est métaphysique, et c’est au Souverain de l’imposer.
Le mot « Souverain » n’était pas hors de propos puisque l’accompagnateur du Président lors de cette visite, responsable initial de la glose sur l’édit de Villers-Cotterêts, n’était autre qu’une des figures de cette télévision opium du peuple, fort en cour (si j’ose dire) auprès du couple présidentiel. Mais où le bât blesse doublement, c’est que cette figure avérée de l’hagiographie royaliste, et tout simplement du royalisme, a, lors de cette visite, été intronisée Monsieur Patrimoine national par le Président… de la République.
Belle illustration de la nature de la Monarchie présidentielle…