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La Croix, 16 novembre 1943, première page

J’aurais bien aussi pu ranger cet article dans la catégorie « pétainisme », car il est publié dans ce journal qui durant toute la guerre porta la voix de l’Église et qui osait proclamer sous la crucification du Christ : « Adveniat regnum tuum ».

L’Espagne et le péril communiste

Vichy – Après le récent discours de M.Marty [1], un grand journal de Barcelone, Solidaridad Nacional, exprime ainsi le sentiment espagnol à l’égard du péril communiste.

« Ce serait accepter le suicide que de se faire des illusions sur la terrible réalité du péril communiste qui dans l’est de l’Europe montre sa face monstrueuse et son bestial désir de raser pour toujours jusqu’aux derniers vestiges de notre civilisation chrétienne millénaire dans des fleuves de sang, par de nouvelles cruautés comme celles que marquèrent son sinistre passage en Espagne.
Nous autres, Espagnols, qui ne nous sommes soulevés unanimement contre la bête soviétique que pour la rejeter hors de notre sol au cours d’une croisade épique sous le commandement d’un Caudillo providentiel, nous savons parfaitement ce qu’est le communisme.
Dans les âpres steppes russes notre glorieuse division Azul [2] proclame avec un indomptable courage caractéristiquement espagnol, la pérennité  du souvenir hallucinant que notre patrie garde du communisme. Ces magnifiques camarades, honneur et orgueil de notre race, combattent là-bas avec une surhumaine furia, parce qu’ils demandent les comptes des terribles dettes de sang. »

[1] Radio Paris sous contrôle allemand menait alors une violente campagne contre le leader communiste Marty, (membre de l’Assemblée consultative d’Alger), dont on connaît le rôle pensant la guerre d’Espagne.

[2] La división azul , la division bleue, du nom de la chemise phalangiste que les volontaires continuèrent à porter sous l’uniforme allemand. Conscient que la neutralité était sa garantie de survie, Franco s’était bien gardé de déclarer la guerre aux Alliés, et donc à l’Union soviétique, mais en remerciement à Hitler qui lui avait permis militairement de vaincre les Républicains, il avait initié l’envoi en juin 1941, dès l’agression nazie contre l’URSS, non pas d’un corps d’armée espagnol, mais de « volontaires ». La division Azul sera dissoute quelques jours après la parution de cet article, mais un certain nombre de « volontaires » de la Légion espagnole continuèrent la lutte jusqu’à l’effondrement final du nazisme.

 

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