J’assure ma ringardise, j’aime le tango. Et qui dit tango dit naturellement le plus connu, peut-être le plus sensuel, le plus envoûtant et le plus magique, la Cumparsita [1], dont la musique traditionnellement clôt les milongas, les fameuses soirées tango.
Cette Cumparsita dont l’illustre argentin Jorge Luis Borges a écrit dans un de ses minicontes [2] :
« Un acordeón vecino despachaba infinitamente la Cumparsita, esa pamplina consternada que les gusta a muchas personas, porque les mintieron que es vieja… »
« Un accordéon voisin débitait infiniment cette bêtise (baliverne) navrante que beaucoup de gens aiment parce qu'on leur a fait croire qu'elle est ancienne »
Voire...

[1] Comparsita, la petite Comparsa (défilé chantant de carnaval, burlesque et satirique). Les immigrants italiens ont modifié la prononciation en Cumparsita.
Née à Montivedeo, Uruguay, en 1916, simple marche de carnaval étudiant à l’origine, la Cumparsita mettra quelques années avant d’être reconnue comme un tango majeur, auquel les paroles actuelles ont été ajoutées en 1924, année où Gardel l’enregistra. L’Uruguay a toujours vigoureusement protesté contre l’annexion par l’Argentine de ce tango, considéré comme un bien culturel national. Ainsi lorsque la délégation argentine aux J.O de Sidney défila aux sons de la Cumparsita.

[2] Discussion vespérale entre amis sur le sens de la mort et l’immortalité de l’âme. « Diálogo sobre un diálogo.
A- Distraídos en razonar la inmortalidad, habíamos dejado que anocheciera sin encender la lámpara. No nos veíamos las caras. Con una indiferencia y una dulzura más convincentes que el fervor, la voz de Macedonio Fernández repetía que el alma es inmortal. Me aseguraba que la muerte del cuerpo es del todo insignificante y que morirse tiene que ser el hecho más nulo que puede sucederle a un hombre. Yo jugaba con la navaja de Macedonio; la abría y la cerraba. Un acordeón vecino despachaba infinitamente la Cumparsita, esa pamplina consternada que les gusta a muchas personas, porque les mintieron que es vieja… Yo le propuse a Macedonio que nos suicidáramos, para discutir sin estorbo.
Z (burlón)- Pero sospecho que al final no se resolvieron
A (ya en plena mística)- Francamente no recuerdo si esa noche nos suicidamos. »

Parmi les innombrables interprétations, je donne ci-dessous la très classique (authentique ?) interprétation de Gardel, et une récente et populaire interprétation d’Iglesias. 

Carlos Gardel - La Cumparsita - Tango

Julio Iglesias - La Cumparsita

https://youtu.be/bB9xXGzAdT4

 

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