De la vidéo didactique à la prestation à l’emporte pièce, nos « maîtres à penser » (réels ou supposés), essayistes, philosophes, historiens, etc., gagnent-ils à être vus sur le petit écran ? De les découvrir donne-t-il envie de les lire ? La question reste ouverte, et j’avoue être partagé entre la curiosité de VOIR qui est l’auteur, et la déception souvent de me trouver devant des chevaliers à la triste figure, ou devant de simples mortels imbus d’eux-mêmes… Déception compensée parfois par de belles rencontres avec des gens que l’on aimerait avoir à sa table, avec un groupe d’amis.

La question ne se pose pas vraiment pour nos maîtres à penser du proche passé. Depuis à peu près le XVIe siècle, nous disposons d’une galerie de tableaux, puis de photos, qui nous permettent de voir à quoi ils ressemblaient, dans l’instant figé de leur éternité.

La question ne se pose plus vraiment en ce qui concerne nos maîtres à penser du plus lointain passé. Bien plus qu’un aléatoire portrait, ou le plus souvent en absence de portrait, c’est le texte qui s’impose [1]. Et c’est sans doute mieux. 

[1] On sait que Socrate n’était pas beau, son buste supposé en atteste, mais pour lui comme pour les autres philosophes grecs, on ne peut se fier à la fidélité d’une statuaire antique bien postérieure.
À ce propos on lira avec intérêt de Nicolas Davieau, « Montrer le corps : prouver le philosophe ? Le corps des philosophes dans la statuaire antique ». https://mondesanciens.revues.org/1683

 Platon ?

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