290px-Lawrence_of_arabia_ver3_xxlg

Vu avec plaisir la version restaurée et complète (227 minutes !) de Laurence d’Arabie (Lawrence of Arabia) de David Lean 1962.

Au-delà de la présentation romanesque de la complexe aventure personnelle de Lawrence, au-delà des magnifiques évocations du personnage principal qu’est en définitive le Désert, au-delà des somptueuses reconstitutions des marches bédouines et des combats, le film tire, sans se mouiller vraiment, le fil d’une manipulation qui allait bouleverser le Moyen-Orient : ou comment les Britanniques amenèrent le chérif  de la Mecque Fayçal ibn Hussein à se révolter contre ses maîtres, les Turcs de l’Empire Ottoman ; comment Lawrence réussit à persuader les tribus bédouines rivales qu’elles faisaient partie d’une même famille, celle des Arabes ; comment, quittant leur désert, les troupes bédouines déferlèrent vers les riches terres du Nord ; comment ces terres allaient devenir des états créés ex nihilo par les « protecteurs » britanniques et français, la Syrie et l’Irak, cependant que les Britanniques occupaient au Sud-Ouest la Palestine turque.

En filigrane de cet extraordinaire film à grand spectacle, on ne peut qu’évoquer le douloureux destin ultérieur de cette région et la lourde responsabilité des responsables de ce dépeçage de l’Empire ottoman, au nom, bien discutable en l’occurrence, du Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.