Suite de l’article : DE L’UTILISATION DE MISTRAL, 1941

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Ce Soir, 25 janvier 1945, première page :

" A NOTRE AVIS
IL  FAUT LE REMETTRE À SA PLACE

Un journal de Marseille se fait le porte-parole d’un groupe de félibres qui demandent que la statue de Mistral, sauvée de la fonte [sauvée en 1943 du service de récupération des métaux non ferreux]… mais mutilée, soit remise sur son socle, place du Forum à Arles. [grâce à un ferrailleur et à quelques félibres marseillais – le poète Georges Reboul, Raymond Latil et… Paul Ricard -, la statue fut découpée et cachée dans un entrepôt de la Belle de Mai, à Marseille. Ils la récupérèrent après la Libération] Rien de plus légitime. Mais les félibres exagèrent lorsqu’ils ajoutent que « Mistral fut pour nous le symbole de la Résistance ! »
Au moment où va s’ouvrir à Lyon le procès Maurras, il n’est pas inutile de rappeler que le nom de Mistral a servi au contraire à la propagande vychiste, et cela avec l’appui le plus empressé de tout le groupe de nos bons félibres. On n’a pas oublié la visite de Pétain en Arles, sa nomination de « félibre d’honneur », ni les articles provocateurs d’Emile Ripert pas plus que les conclusions que Maurras tirait dans l’Action française de l’enseignement que devait apporter à tous les jeunes français la lecture de Mistral.
Il y a eu ainsi un véritable abus de confiance fait à la mémoire de Mistral pendant ces quatre ans où il était de bon ton de recommander l’étude du patois dans les écoles [« patois », acception commune alors, mais qui ne va pas ici dans quelque mépris]. Les amateurs de littérature provençale étaient les premiers à rougir de voir élever, à la hauteur de poète national, le chantre modeste de Mireille.
Oui, il faut en effet le remettre à sa place. Mais il faut aussi remettre les félibres à la leur.

Robert TESTU."

Le poète marseillais Georges Reboul récupérant le buste découpé de la statue de Mistral, après la Libération

 

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