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Vu sur Arte, Enquête sur le Saint Prépuce (2004), un de ces documentaires dont les Américains ont le secret, ceux où le péremptoire journaliste enquêteur tient la première place, car, si, et pour cause, l’on ne voit pas le Saint Prépuce, on suit le reporter en avion, en train, en voiture, à pied dans les rues, on le voit déambuler dans les couloirs, les bureaux et les transepts, on le voit au téléphone, on le voit titiller quelques témoins. Bref, on ne peut pas ne pas le voir.

Ceci dit, le film prête à réflexion, en nous renvoyant à ce culte des reliques dont les Protestants ont su se débarrasser, mais que l’Église catholique n’a pas abandonné. À cet égard, savoureuse rencontre au Vatican avec un prêtre chargé de dispatcher en menus morceaux les reliques certifiées : les côtes, nous dit-il, se prêtent particulièrement bien à cette fragmentation…

Mais, pour nous en tenir au Sanctum præputium, que Charlemagne aurait miraculeusement reçu en Palestine, on peut suivre un de ses itinéraires supposés, de Rome où l’Empereur à la barbe fleurie l’aurait offert au Pape, à son vol par un reitre de Charles Quint, lors du sac de Rome, puis à sa redécouverte dans une grotte du village de Calcata où quatre cents ans durant, il a reçu l’adoration de milliers de pèlerins (et encouragé le commerce local). Jusqu’à ce que mystérieusement le prépuce disparaisse en 1983. Vol pur et simple, ou ntervention du Vatican peu soucieux que l’on vérifie l’ADN de ce morceau de chair arraché à un petit Juif, car Jésus était Juif, bel et bien…

Lot de consolation, vous pouvez vénérer un autre Sanctum præputium en terre occitane, dans la vénérable abbatiale de Conques bien connue des pèlerins de Compostelle…