Je reprends de Danube, de Claudio Magris, ce paragraphe si pertinent, à propos de l’ouvrage du grand philosophe marxiste Georges Lukács, La destruction de la raison, Nietzche [1] :
« Comme l’a dit Augusto del Noce, La destruction de la raison est sous-tendue par la secrète terreur que Nietzche puisse prévaloir sur Marx. Dans les sociétés occidentales, ce qui est arrivé et ce qui continue d’arriver, c’est justement que le jeu des interprétations , la volonté de puissance enracinée dans l’automatisme des processus sociaux, l’organisation capillaire, tentaculaire et diffuse des besoins, un flux libidinal collectif indistinct – tout cela semble avoir supplanté la pensée qui met au jour les lois du réel pour les changer et convoque en justice le monde pour le transformer. La culture-spectacle semble être venue à bout de l’idée de révolution. »

[1] Cf. la remarquable présentation de l’ouvrage de Lukács :
https://editionsdelga.fr/portfolio/la-destruction-de-la-raison-nietzsche/