La publication commence le 29 juillet 2017

23 août 2017

René Merle - Gentil n'a qu'un œil - XXV

suite de :http://merlerene.canalblog.com/archives/2017/08/22/35449202.html Le Colosse dormait d’un sommeil de plomb, mais je n’ai pu me sauver : les portes cochères étaient fermées à clé, les murs étaient trop hauts.  Quand la sœur est venue apporter de la soupe, du pain et du fromage, les falaises du Vercors étaient roses du soleil levant. Quelque chose qui m'attendrissait chez elle. Le Colosse a fait dans son dos un geste équivoque. J’ai repensé à la fille d'hier soir et j’ai basculé une fois de plus. - Vous vous sentez... [Lire la suite]
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22 août 2017

René Merle - Gentil n'a qu'un œil - XXIV

suite de :http://merlerene.canalblog.com/archives/2017/08/21/35449198.html   Kœnig m'a réveillé tôt. Le couple n'était pas encore levé. Nous avons déjeuné en Frères. Kœnig ne m'a pas accompagné à la diligence, pour ne pas me faire remarquer. La voiture était pleine quand une grosse dame est arrivée, parlant haut. Je lui ai cédé ma place et je me suis installé près du conducteur : j'avais mon manteau, enfin celui de l'Énigmatique, pour me protéger de la fraîcheur matinale, et de là je pourrais pleinement découvrir le... [Lire la suite]
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21 août 2017

René Merle - Gentil n'a qu'un œil - XXIII

suite de :http://merlerene.canalblog.com/archives/2017/08/20/35449191.html   À tourner et retourner au creux de la nuit, à vouloir vainement pénétrer une inconnue fantôme de mon sexe mort, je ne m’étais rendormi qu’au petit matin.  Ensuite, j’avais vraiment rêvé. Un rêve odeur de violette. Fabre d’Avignon qui grimaçait dans le temple surgi d’un autre temps. Le sergent. Le cul, toujours le cul, unisexe. Béant.  Je me suis réveillé en sursaut, terrifié. Il faisait déjà grand jour et la diligence allait partir.... [Lire la suite]
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20 août 2017

René Merle - Gentil n'a qu'un œil - XXII

suite de :http://merlerene.canalblog.com/archives/2017/08/19/35449189.html   Au matin, j’étais à peu près clair. Je gardais de la soirée une joue enflée et un peu bleue, et une belle bosse au front.  Roquille m’a dit : - Tu vas vite rentrer chez toi, mon petit. Tu vas regagner ta montagne, te soigner et t’y faire oublier. Seulement les Frères de Givors m'ont prévenu hier, on vient de lancer un grand coup de filet sur les rouges du Sud, tous les bateaux et les voitures sont filtrés dorénavant au sud de Vienne, tu n'as pas... [Lire la suite]
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19 août 2017

René Merle - Gentil n'a qu'un œil - XXI

suite de :http://merlerene.canalblog.com/archives/2017/08/18/35449185.html   Le matin nous avons pris le train pour Lyon. Esmeralda était fermée, mais elle tenait ma main dans sa main chaude. Il était inutile de parler d’avenir, et ridicule de tenir des propos de remplissage.  J'ai seulement demandé pourquoi le Colporteur diffusait cette complainte contre l'Apparition. - Il le fait pour faire plaisir à un vieil ami bonapartiste, l'ancien curé de Villeurbanne. Selon eux, tu l’as entendu, l'Apparition est une... [Lire la suite]
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18 août 2017

René Merle - Gentil n'a qu'un œil - XX

suite de : http://merlerene.canalblog.com/archives/2017/08/17/35449182.html   Au réveil la paillasse était trempée, mais la fièvre était partie. Je me sentais très faible. J'ai passé ma main sur ma barbe. Elle était longue. J'ai vidé de l'eau dans la cuvette et j'ai cherché le rasoir. Roquille a haussé les épaules : - Prends le mien.  Roquille m'a dit que j'étais là depuis deux jours. Un colporteur de ses amis, qui s'y connaissait en plantes, m'avait ôté la fièvre, mais le mal était dans ma tête : - Il a dit que tu... [Lire la suite]
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17 août 2017

René Merle - Gentil n'a qu'un œil - XIX

suite de :http://merlerene.canalblog.com/archives/2017/08/16/35449180.html   Le lendemain je suis monté à la cure de la Croix Rousse. J’ai donné le mot et Nicod m’a reçu. J’ai sorti son livre, expliqué que, de passage à Lyon, j’avais voulu en rencontrer l'auteur. Il m’a remercié et l’a dédicacé. Puis j’ai ouvert le médaillon au daguerréotype : - Voilà qui m’a fait vous connaître... Alors il m'a embrassé : - Ainsi vous connaissez Reine... Il y en a tant comme elle qui se sont perdues, après que le peuple aveuglé ait dispersé... [Lire la suite]
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16 août 2017

René Merle - Gentil n'a qu'un œil - XVIII

suite de :http://merlerene.canalblog.com/archives/2017/08/15/35449177.html   Au matin, j'ai ouvert la fenêtre sur la cour, son odeur rassurante de fumier et de cuisine. Roquille avait laissé de l'eau dans le broc. J’ai rempli la cuvette, je me suis rasé. J'aimais ce rasoir, un cadeau de mon père pour ma première barbe. Mais je ne savais plus quel Rambaud le miroir terni reflétait. J’ai remis le rasoir en poche, il ne me quittait jamais, faute de poignard.  J’aurais dû être heureux. J’étais malgré tout arrivé à Lyon,... [Lire la suite]
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15 août 2017

René Merle - Gentil n'a qu'un œil - XVII

suite de :http://merlerene.canalblog.com/archives/2017/08/14/35449173.html   J’avais la matinée devant moi avant de prendre le bateau, j’ai cherché un cabinet de lecture : le Journal de Drôme et d'Ardèche dénonçait le péril rouge, dont les événements récents de Cliouscat montraient l’ampleur. J’avais du mal à me sentir impliqué, non que la Cause me devienne indifférente, mais la nouveauté des hommes et des lieux, la double méprise sur Rambaud, la rupture des fils de la mission, tout concourrait à me faire éprouver une sorte de... [Lire la suite]
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14 août 2017

René Merle - Gentil n'a qu'un œil - XVI

suite de :http://merlerene.canalblog.com/archives/2017/08/13/35449170.html   Le jour m’a réveillé, et les mulots qui couraient sous les tuiles. J’ai mangé ce qui restait de la charcuterie. Il faisait un clair soleil sur la vallée et le Vercors lointain. Et j’ai attendu en respirant le parfum des foins.  Je les ai entendus bien avant de les voir. Ils avaient entonné Le chant des instituteurs démocrates :   Des Loyola nous déclarent la guerre, Nous les vaincrons, sans sabres, sans fusils, Et nous disons au... [Lire la suite]
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